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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:00

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Pour les fêtes de fin d'année, AudiencesUSA.com vous propose une grande rétrospective en cinq parties sur "Dallas", la série culte diffusée par CBS entre 1978 et 1991. Alors que la franchise connaît une deuxième vie grâce à son retour sur TNT depuis l'été dernier, AudiencesUSA.com vous propose de vous replonger dans les coulisses du plus grand soap américain diffusé en prime time à la télévision américaine.

Des débuts très difficiles qui auraient pu stopper la machine après 4 épisodes au mythique cliffangher qui aurait pu ne jamais voir le jour, des caprices de Larry Hagman au départ de Patrick Duffy et son retour légendaire, de la naissance d'un phénomène de société à sa descente aux enfers, découvrez les dessous d'un succès planétaire.

 

Une rétrospective écrite par François, auteur du Classement Séries proposé tout au long de l'été sur AudiencesUSA.com.

 

 

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 1/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 2/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 3/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 4/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 5/5" <

 

RETROSPECTIVE DALLAS : PARTIE 1 / 5

 

Nous sommes en 1977 et la chaine CBS cartonne avec des séries comme M*A*S*H, All in the Family ou Shérif… fais-moi peur ! Ces 3 séries rassemblent autour de 35 millions de téléspectateurs chaque semaine. Leur point commun ? Proposer des intrigues bouclées, faciles d’accès pour les téléspectateurs occasionnels, mais peu fidélisantes pour les réguliers. Et surtout, CBS est dominée par sa grande concurrente, ABC. Ses séries N°1, Laverne & Shirley et Three’s Company réunissent chaque semaine plus de 42 millions de fidèles.

CBS va alors décider de donner un grand  coup de pied dans la fourmilière, en proposant un genre inédit en prime-time : le soap. L’idée n’est pas tant de faire une série feuilletonante, que de proposer des personnages « larger-than-life », de créer une grande saga familiale. En s’attachant aux personnages, à cette famille, CBS a ainsi une grande chance de fidéliser ses téléspectateurs.

Jacobs propose Côte Ouest à CBS… avant Dallas !

C’est dans ce contexte qu’en 1978, David Jacobs, scénariste relativement inconnu, propose à CBS un projet d’un nouveau genre. Intitulé « Knots Landings » (Côte Ouest), le pilote s’inspire librement d’une série suédoise, « Scenes from a Marriage », écrite par Ingmar Bergman. La série de David Jacobs narrera ainsi les aventures de 4 couples, chacun à des étapes différentes de leurs mariages, et abordera des thèmes très soap : meurtres, kidnapping, viols … Mais CBS n’est pas convaincu. Le projet est jugé trop trash, trop « soap de journée ». Et surtout CBS souhaite un univers plus cliquant, plus démesuré, plus riche. Jacobs est prié de revoir sa copie.

Il revient alors dans les bureaux de CBS avec un tout nouveau projet, cette fois-ci intitulé « Oil ». Jugé trop sulfureux, il se transformera très vite en « Dallas ». A l’origine, Dallas est un « Roméo et Juliette » moderne. La série est centrée sur la relation entre Pam et Bobby, chacun appartenant à deux familles opposées (les Ewing et les Barnes), assoiffées d’argent et de pouvoir, et qui vont tout faire pour les déchirer et les séparer. Ainsi été née Dallas …

Larry Hagman s’impose

Barbara Bel Geddes est la première actrice castée dans le rôle de Miss Ellie, la matriarche. Le rôle de J.R, quant à lui, est proposé à l’acteur Robert Foxworth qui le refusera et deviendra finalement, quelques années plus tard, la star d’un autre soap : Falcon Crest qui sera lancé en lead-out de Dallas.

De son côté, Larry Hagman reçoit le script et hésite. Réputé notamment pour son rôle du Major Nelson dans la sitcom « I Dream of Jeannie », l’acteur a également reçu une proposition de la part de NBC. Sur les conseils de sa femme, Hagman va finalement tout faire pour obtenir le rôle de JR. L’avenir lui donnera raison puisque la sitcom de NBC sera annulée après 4 épisodes diffusés seulement.

Hagman contacte alors la production et décroche immédiatement un rendez-vous. Dès le lendemain, il déboule dans les bureaux de David Jacobs, Phil Capice et Leonard Katzman, le trio à la tête de la série. L’acteur s’est mis en condition : il est affublé du chapeau, des chaussures et de l’accent qui feront bientôt sa renommée. Hagman fait carton plein : JR, ce sera lui.

 Patrick Duffy, lui, sera engagé sur les conseils de Larry Hagman. Ce dernier était proche de ses parents quand Duffy était encore tout jeune. Enfin, après avoir proposé le rôle de Pamela à Linda Evans, Jacobs s’orientera finalement vers Victoria Principal. Ironie du sort, Evans obtiendra quelques années plus tard le rôle-titre du soap de ABC qui deviendra la bête noire de CBS : Dynasty.

Un soap … aux intrigues bouclées !

Retour en 1978. A cette époque, les héros de la télévision américaine se prénomment Charles et Caroline Ingalls de « La Petite Maison dans la Prairie » ou Howard et Marion Cunningham de « Happy Days ». Ce sont tous des héros positifs, foncièrement bons et aux valeurs américaines traditionnelles. Seul ce dernier trait les rapprochera de JR et Cliff Barnes, calculateurs, mesquins et sans pitié. CBS est tétanisée par ce projet et décide donc de ne commander qu’une mini-série de 5 épisodes afin de limiter la casse.

Pour maîtriser encore un peu plus les risques, CBS va imposer à David Jacobs un format d’intrigues bouclées : la référence à cette époque. Chaque épisode devra ainsi se conclure. Seule la trame de fond à la « Montaigu & Capulet », ici matérialisée par l’affrontement entre les Ewing et les Barnes, servira de connexion entre les épisodes.

Si le format se distingue ainsi du soap, les thématiques, elles, tapent dans le mille : un kidnapping dans un épisode, une accusation de harcèlement sexuel  dans l’autre… Mais le tout sans incidence sur l’épisode suivant ! Phil Capice, producteur historique de la série, reviendra sur ce n’importe quoi du démarrage. « Dans un épisode, Pam a un ex-mari qui surgit de nulle part et tape à la porte en disant « Salut ! Tu te souviens ? On a été marié ! ». Et à la fin de l’épisode, il disparait sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. ».

Un échec cuisant au démarrage

Dallas est ainsi lancé le dimanche 2 avril 1978 à 22h. La série succède à Kojak, que CBS vient d’annuler en raison de ses faibles audiences. La concurrence n’est pas évidente puisque Dallas fait face à deux cases films très populaires sur ABC et NBC. Et effectivement, le lancement de la série est un échec. Les critiques sont assassines : Variety parle de ‘querelles pathétiques dans un monde de riches’.

Les semaines se suivent et se ressemblent : l’audience progresse légèrement, mais reste très en deçà des attentes de CBS. Jacobs sait que ses jours sont comptés. Et pourtant, le miracle interviendra lors du dernier épisode de la mini-série. Dallas progresse très nettement et termine 12ème des meilleures audiences de la semaine. Si la mini-série n’avait compté que 4 épisodes, la série Dallas n’aurait certainement jamais existé.

Au global, la mini-série se classe 44ème des programmes de la saison. CBS voit un potentiel et décide de lui laisser une 2ème chance en commandant une saison 2 de 12 épisodes. Des changements en profondeur devront néanmoins être effectués.

Un parcours chaotique

Pour sa 2ème saison, Dallas change de case. La série est envoyée au samedi soir à 22h. Sans être la soirée la plus fédératrice de la semaine, le samedi soir était, à cette époque, loin de ressembler au champ de ruines actuel. Ainsi, face à Dallas, L’île fantastique sur ABC rassemble plus de 28 millions de téléspectateurs chaque semaine.

Face à cette concurrence, Dallas ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Les chances de survie de la série sont maigres, très maigres. David Jacobs le sait.  Qui plus est, la production doit  trouver un nouveau ranch. Ironie du sort : le véritable propriétaire du premier Southfork était alors sous surveillance de la police pour abriter un business plus que douteux.

Le début de saison 2 conserve le schéma de la mini-série : des intrigues bouclées. Mais les audiences ne sont toujours pas au rendez-vous. Dans une dernière tentative désespérée de sauver sa série, Jacobs se décide alors enfin à passer à des intrigues plus feuilletonantes, générant un suspens et surtout une attente plus grande de la part de ses téléspectateurs.A partir de l’épisode 10 de la saison 2, où Sue Ellen découvre qu’elle est enceinte, Dallas va ainsi devenir une vraie série feuilletonante. Pas de quoi, toutefois, rivaliser avec l’Ile Fantastique de ABC.

 Une fois le tournage des 12 premiers épisodes de la saison 2 achevé, la production ne sait toujours pas s’ils seront renouvelés. L’équipe de tournage fait alors ses bagages et quitte Dallas, pensant que, cette fois-ci, c’est terminé. CBS s’est déjà montrée très patiente. Ils sont encore loin de se douter qu’un événement totalement imprévu va bientôt propulser leur série au rang de phénomène de société mondial....

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 1/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 2/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 3/5" <

A lire : "Retrospective Dallas, Partie 4/5" <

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Published by François - dans Rétrospective
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commentaires

Victor Newman 03/01/2013 10:55


Merci pour cette rétrospective passionnante et très bien écrite.

Krakinet 23/12/2012 17:54


Très bon article. On constate effectivement que bcp de séries cultes ont démarré dans la douleur. Et très bien d'avoir préciser que Cote Ouest bien qu'étant le spin off de Dallas, a bel et bien
été écrit et présenté en premier à CBS.

arnoglas 23/12/2012 14:00


Merci pour cet article ! C'est juste un peu dommage qu'il n'y ait pas de chiffres mais à part ça j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, surtout que je suis la nouvelle  version de 2012.
Très envie de connaître la suite en tout cas !

Maxime 23/12/2012 13:33


Voilà un article hyper intéressant. On y voit des programmes à 30 M qui passent en même temps que des programmes à 40 M, des samedis à presque 30 M, des séries qui progressent (ça pourrait nous
donner espoir quant aux actuelles séries sauf que maintenant, les chaînes ne veulent plus du tout attendre, il faut que ça fasse du 10 M tout de suite, résultat, elles s'étonnent d'être dans la
merde...), c'est assez énorme et très loin derrière nous quand on y pense... On peut effectivement regretter l'absence de chiffres mais bon, c'est clair que pour retrouver des chiffres de 1980,
il faut quand même y aller...


 


En tout cas, je suis très impatient de voir la suite, le suspense est insoutenable ! Bravo François !

Ah Ly 23/12/2012 13:12


Cette rétrospective est un soap en elle même ! Quand j'ai terminé de lire l'article, je me suis dit "La suite, la suite !!". Mais quel est donc cet élément qui a propulsé "Dallas" au rang de
phénomène de la société mondadiale ? Il me tarde de savoir !

Merci pour ce petit cadeau ! C'est un vrai plaisir de le lire.

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