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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 14:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 13 : THE KILLING (saison 2)

thekilling1.png

Il y a déjà un an, le dernier épisode de la saison 1 de The Killing se faisait laminé par la critique américaine pour ne pas avoir dévoilé l'identité du meurtrier de Rosie Larsen. L'accusation ne portait pas tant sur l'univers de la série (bien que des drinking game avaient fait surface, consistant à boire à chaque nouvelle scène de pluie) que sur la promesse qui n'avait pas été respectée.

Mais avec le recul, comment aurait-t-elle pu procéder autrement ? D’un point de vue marketing, il était totalement impensable de vendre la série en disant à l’avance qu’elle ne serait pas résolue au bout de la première saison. Néanmoins, cette « erreur » lui aura certainement coûté la vie.

Mais les critiques n’en restent pas moins stupides. D'autant plus que pour appuyer leur propos, la plupart d'entre eux se basent sur la série originale, Forbrydelsen, qui résolvait effectivement le meurtre de la Rosie locale au bout de la première saison. A la différence près que la première saison de la série danoise comptait 20 épisodes d'une heure chacun, soit peu ou proue la durée des deux saisons de The Killing US réunies.

La vraie difficulté des scénaristes de The Killing US était d'avoir deux saisons distinctes, risquant ainsi la comparaison entre ces deux saisons alors qu'en réalité, elles ne forment qu'un seul et même bloc. En cela, le cliffangher de la saison 1 était assez superflu. Rétrospectivement, on se dit que la saison 1 n'a pas servi à grand chose, du moins purement en ce qui concerne l'enquête. Sauf que ce n'est absolument pas la lecture qu'il faut avoir de The Killing.

thekilling2.png

Le mot « lecture » n'est pas choisi au hasard. Jamais une série n'a été aussi proche d'un livre. D'une vraie enquête de police. Il ne faut pas omettre que The Killing se déroule quasiment en temps réel, chaque épisode couvrant un jour. Bien sûr, le temps réel dans The Killing n'est pas le même que celui de 24. Il se passe moins en un épisode de The Killing que pendant la pub de 24. Mais c'est justement tout ce qui fait le charme, l'authenticité, la véracité, l''émotion de la série.

La télévision américaine nous a tellement habitués à l'instantanéité des intrigues qu'une telle série, forcément, déroute. Dans Les Experts, le mari n'a même pas le temps d'égorger sa belle-mère (qui est en réalité sa tante), qu'il est déjà en taule pour un poil pubien laissé dans sa maison 20 ans auparavant. A l’inverse, comme dans un vrai roman polar, The Killing prend le temps de nous faire connaitre les enquêteurs, leurs failles, leur passé, allant jusqu'à leur consacrer des épisodes.

On se souvient par exemple de l’épisode de la saison 1 consacré à la vraie fausse disparition du gamin de Linden. La saison 2 consacre également un épisode à Linden, quand cette dernière se fait enfermé en asile par les Indiens. Deux épisodes descendus par la critique, pour la bonne et simple raison qu’ils ne faisaient pas avancer l’intrigue policière.

Drôle de reproche ! Ces mêmes critiques fustigent les cop shows de CBS pour mettre en scène des enquêteurs robots interchangeables dont on ne connait rien de la vie et lorsqu’une série s’intéresse en priorité à ses personnages, elle devient chiante et lente. Néanmoins, il est vrai que l’épisode dans l’asile faisait un peu pièce rapportée, on se serait presque cru dans Melrose Place avec la lobotomie de Peter.

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Il n’en reste pas moins que le parcours de Linden au cours de cette saison est absolument fascinant. Cette enquête la rend complètement folle, obsessionnelle. C'est la vraie réussite de la saison. Au-delà même de l'enquête. Le personnage est d’autant plus hypnotisant qu’elle est incernable, d’une pudeur et d’une sobriété incroyable. Le téléspectateur est amené à creuser, à lire entre les lignes pour apprendre à connaître le personnage.

Sortie de nulle part, Mireille Enos est une grande actrice. L'improbable duo qu'elle forme avec Holder, ancien camé devenu flic, destiné à être raté, est l'une des plus grandes réussites de ces dernières années en matière de relation entre des personnages. D'autant qu'une fois n'est pas coutume, on ne nous les avait pas vendus comme un énième couple à la Mulder et Scully. Ils vivent l'enquête de manière si intensive, si compulsive qu'ils parviennent à la rendre absolument passionnante. Bien sûr, on n’aurait pas été contre qu’Holder mette un petit coup à Linden sur la fin de saison, sur une belle couverture Jacquart pour faire écho aux ignobles pulls de cette dernière, mais ne soyons pas trop gourmands.

Mais au final, le talent de The Killing aura été d’avoir rendu passionnante et bourrée de rebondissements une enquête qui, finalement, n’avait rien de si exceptionnel. Horatio aurait pu la résoudre au cours d’une simple séance d’UV. Et c’est en grande partie grâce à la psychologie des personnages, mais également à des thématiques secondaires passionnantes (notamment la course autour de l’élection et le deuil des Larsen), mais également l’ambiance glauque, pluvieuse, presque macabre du show.

thekilling.png

Il y a évidemment quelques ombres au tableau, notamment le passé de Stan et ses intrigues mafieuses de série B avec les rushkoff méchants contre le gentil repenti qui va faire ses excuses au prof au look tout droit sorti de la daube intergalactico-scientologique de John Travolta.On regrette aussi parfois que la série ait recours à des procédés trop ”mainstream”, comme le fait que Linden et Holder se retrouvent seuls contre le monde, comme tout bon flic qui « détient la vérité ».

Les premiers épisodes de la saison sont également un peu rasoirs. La paralysie de Richmond donne lieu à des longueurs, le parcours psychologique de Mitch Larsen suite à la mort de Rosie était un peu lunaire et les doutes de Linden sur la sincérité de Holder faisaient relativement office de remplissage. La mi-saison marque un vrai changement, relançant la machine sur les 3 tableaux: le deuil des Larsen, l'investigation qui redevient aussi passionnante qu'aux premiers instants et la course à l'Office, plus perverse que jamais. Les trois aspects de la série vont alors peu à peu se croiser, s'imbriquer pour parvenir à une conclusion magistrale, et d'ailleurs différente de la version danoise dans laquelle un employé des Larsen était le coupable.

Le final respire une intensité rare, comme si la série était montée en puissance au fil des 26 épisodes. La scène de la révélation du « vrai » coupable (ceux qui l'ont vu comprendront) est probablement l'une des scènes les plus fortes de la saison, toutes séries confondues. La rage côtoie l'incompréhension, le choc, la tristesse, les regrets. Les comédiens parviennent à nous faire ressentir tout cela, presque sans dire un mot. Une prouesse. Une vraie prouesse.

 

RENDEZ-VOUS DEMAIN A 9H POUR DECOUVRIR LA PLACE N°12.

 

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Published by François - dans TOP SERIES 2011-2012
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commentaires

MalcomX 21/09/2012 16:06


je viens de finir la série , merde j'ai supprimé la saison 1 , je voulais vraiment voir la tete de la tante quand elle apprend que rosie et morte noyée dans un coffre d'une voiture :D oula ça
doit faire mal


 


pour Bobby : y'a quand meme une dernière intrigue non résolue dans la série , celle de stan et du professeur , v'a-t-il aller en prison ? le prof va abandonner les charges ? on sait pas


 


belle série en général , je suis d'accord avec françois quand il dit que la force de la série est de rendre une enquete banale si intéréssante , parce que franchement quand on pense à l'histoire
du pourquoi rosie est morte : rien de plus banale , elle entends un truc qu'elle devrait pas donc on l'a tue ...


 


la dernière scene avec la tante est très forte , la meilleure de la série

pintade 31/08/2012 22:25


Très bonne critique que je partage évidemment sur plusieurs points plus ou moins abordés :


- le décor, l'atmosphère et le climat pluvieux de Seattle qui donnent un côté pesant et mystérieux à l'enquête ;


- les relations avec la communauté indienne ;


- l'impact de la mort de Rosie sur toute la famille Larsen et la façon dont les relations entre les personnages s'étiolent pour mieux se retrouver après,


- la découverte de son handicap par Richmond et son parcours pour se reconstruire,


- le duo de flics Linden/Holder et surtout l'évolution de leur relation au fil des épisodes ;


- et bien sûr, le plus réussi : la découverte du "vrai" coupable... J'ai pris une bonne claque au dernier épisode et en même temps, je me suis souvenu du comportement du coupable au fil de la
série... Et là, on comprend mieux...


Ce que j'ai le moins aimé : le road-movie de Mitch... Bof !


A part ça, la série mériterait largement de figurer dans le Top 10.


 

Alex 30/08/2012 15:18


Très bonne critique et je suis très content de voir la série bien placée (elle est souvent oubliée, alors que c'est une merveille).


Par contre, je suis très mécontent. Pourquoi avez spoilé la fin de la version danoise ? J'allais me mettre à la série, mais, maintenant, à cause de vous, je connais la fin. On parle de
The Killing, ici, pourquoi spoiler sa série mère ? Pensez un peu à ceux qui ne l'ont pas vue.
Déçu. 

Cilou 30/08/2012 02:38


@LOLILOL38, j'ai trouvé la scène finale de "The killing" hyper émouvante, d'une immense intensité. Ce qui est assez rare pour une série policière. Je pense que les scénaristes
l'avaient en tête depuis un moment. Je suis étonnée de voir aussi peu de commentaires pour une série de cette qualité.

Boby 30/08/2012 00:26


"The Killing" est pour ma part une des meilleures séries de ces dernières années. Perso, je ne me suis jamais ennuyé devant un épisode. Le rythme de la série ne m'a pas du tout dérangé, bien au
contraire. Le parcours des différents personnages est très bien exploité, avec des pauses dans le récit et des avancées quand il le faut.


Mais surtout, "The Killing" c'est surtout une des rares séries à avoir une vraie conclusion satisfaisante où toutes ses intrigues sont bouclées, sans laisser une porte ouverture ou un cliffangher
de dernière minute. On ne reste pas sur notre fin et on n'a vraiment pas l'impression d'avoir été volé.  Et cela, alors que même que les producteurs ne savaient pas que la série allait être
annulée. C'est certes un genre totalement différent, mais même "Lost" n'a pas réussi à faire cela malgré une date de fin prévue trois ans à l'avance.

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