Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé du lundi au vendredi jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

Nouveauté : Aujourd'hui, et de manière exceptionnelle, vous aurez droit à deux critiques sur "Person of Interest". Comme l'an dernier où certaines séries bénéficiaient de deux reviews pour divergence d'opinion, "Person of Interest" va bénéficier de ce traitement aujourd'hui. Vous trouverez donc deux critiques : la première de François, et la deuxième réalisée par moi-même. 

PLACE 32 : PERSON OF INTEREST (saison 1)

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Critique par François

Person Of Interest était l'une des séries évènements de la rentrée dernière, la série qui était supposée réconcilier les fans des formula show de CBS avec les fans de « high-concept  drama » type Lost. Pour cela, CBS avait mis les petits plats dans les grands en recrutant Michael Emerson, l'inoubliable Ben Linus de Lost, « et Jonathan Nolan, l'un des scénaristes de The Dark Knight.

Le pitch était très prometteur : une fois n'est pas coutume, une série policière de CBS n'allait pas nous raconter les aventures d'une sempiternelle nouvelle équipe de policiers spécialisée dans dieu sait quel domaine. Person of Interest met ainsi en scène un milliardaire légèrement excentrique qui a crée une machine secrète capable de détecter  des personnes impliquées dans un crime avant que celui-ci ne se produise. Sauf que la machine n'est pas capable de prédire si ces personnes  en seront la victime ou le coupable. Pour l'aider à mener les investigations, il a ainsi recruté un ancien agent de la CIA présumé mort, subtilement interpreté par Jim Caviezel.

Mais malgré une promesse originale, la série s'est vite révélée être une déception. La magie de télévision fait parfois qu'une série va vous prendre aux tripes tandis qu'une autre va vous laisser de marbre. C'est le cas de Person of Interest. A aucun moment, la mayonnaise ne prend. On ne rentre jamais vraiment dans la série.

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Premier problème : l'idée de départ. La machine fait très vite office de gadget. Ne vous attendez pas à une quelconque atmosphère mystérieuse autour de cette machine. La série se veut au contraire très terre-à-terre, même très orientée action. Hormis les premières minutes de l'épisode où la machine donne le nom du « cas du jour », le reste de l'épisode se transforme en cop show traditionnel. A l'inverse d'un film comme Minority Report qui avait bâtit son orginalité autour de son concept de départ, Person of Interest s'en détache et n'est donc pas si différente que cela.

La série est même en dessous de la plupart des autres séries de CBS, notamment des Experts ou d'Esprits Criminels. En effet, les intrigues policières sont inintéressantes au possible. Elles tournent toujours autour des mêmes thématiques : gangs, malfrats en tous genres, trafic d'armes ou de drogue. La série est très redondante et reste dans  de l'enquête très basique, voire simpliste.

Dans Person of Interest, pas de serial killer ou de puzzle policier.  La série n'a ni le côté divertissant d'un Experts, ni la profondeur d'un Law & Order. C'est vraiment le B-A-BA du genre: un témoin a assisté à un meurtre de gangs, un braquage a mal tourné... Rien de très excitant.

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Finalement seule l'ambiance particulière de la série la sauve de l'ennui profond et surtout du sentiment de déjà-vu. Nolan a pris le pari de centrer sa série sur un New York très sombre, voire glauque et qui se veut très réaliste. On reconnaît clairement la pâte du scénariste de The Dark Knight. La façon dont la police New-Yorkaise est dépeinte, gangrénée par la corruption jusqu'aux plus hautes instances, est assez originale pour une série de network.

Néanmoins, ce côté plus « réaliste », ou en tout cas plus noir, est gâché par le personnage de Jim Caviezel, véritable Van Helsing en costume, à côté duquel le casting de Expendables fait office de Teletubbies. Il peut affronter un gang de russes armé jusqu'aux dents, il les massacre un par un avec la pointe de son doigt. Il n'y a donc aucun suspens quant à la résolution des crimes, presque aucune enquête à mener. Caviezel arrive, casse la gueule à tout le monde et l'épisode est terminé. La série a ainsi un vrai coté over the top.

Le deuxième gros problème de la série est son casting. Aucune alchimie ne se dégage. Autant Emerson fait ce qu'il peut avec la matière qu'on lui donne, autant Caviezel est plus bourrin que jamais. Pour sa défense, son rôle l'exige.Le duo Emerson / Caviezel fonctionne un peu mieux au fil de la saison, mais sans jamais crever l'écran. A aucun moment, ils ne deviennent attachants, ni ne suscitent l'empathie.

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La vraie faiblesse vient du casting secondaire. Le duo de flic ami/ennemi  est exaspérant. Kevin Chapman, qui interprète le détective Fusco, n'est ni plus ni moins qu'une erreur de casting. L'acteur est mauvais et antipathique. Le constant est le même du côté de Taraji P. Henson, qu'e l'on préférait un peu fofolle dans Boston Legal. Franchement, ces deux acteurs n'ont pas la carrure pour tenir de tels rôles.

Le pire venant du « méchant » de la saison, Elias, interprété par Enrico Colantoni, le père dans Veronica Mars. C'est une mauvaise blague. L'acteur manque cruellement de charisme pour incarner un méchant et n'est donc pas crédible une seconde dans son rôle de parrain. A aucun moment, il ne suscite la crainte,ni la frayeur. A aucun moment, il ne nous tient en haleine. Il provoque finalement plus l'hilarité qu'autre chose. Probablement l'un des pires méchants de l'histoire des séries.

Au fil de saison, on sent que les scénaristes ont voulu muscler leur copie en injectant des intrigues fil rouge, de façon assez maladroite puis aucune d'entre elle ne suscite l'intérêt et sont ainsi très vite abandonnées. Finalement, seul le jeu du chat et de la souris entre Reese et le détective Carter était assez bien mené. Cette dernière est partagé entre sa conscience professionnelle qui la pousse à poursuivre Reese mais également son admiration pour lui. Malheureusement, ce jeu est arrêté tout net en milieu de saison quand Carter finit finalement par aider Reese dans ses missions. Dommage.

En deux mots : Person Of Interest était la chance pour CBS de diversifier son offre de cop show grâce à un pitch innovant et prometteur. Malheureusement, la promesse est vite mise de côté pour verser dans du formula show barbant. Reste l'atmosphère, glaciale et désenchanté, qui permet de garder espoir en la série. A  condition de muscler les intrigues.


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Critique par Boby

Il y a un an, CBS annonçait la fin de la diffusion des "Experts" dans leur case mythique du jeudi 21h. Alors que tout le monde s'attendait plus ou moins à ce que "The Mentalist" prenne le relais et avance d'une heure, CBS crée la surprise en plaçant directement un nouveau drama avec "Person of Interest". Un pari très osé et risqué pour cette case fatidique et stratégique du jeudi 21h. En effet, les programmes phares qui ont occupé cette case comme "CSI Les Experts" (CBS), "Grey's Anatomy" (ABC), "The Office" (NBC) ou encore "Fringe" (FOX) et "Bones" (FOX) ont tous débuté et fait leurs preuves ailleurs avant de s'installer dans ce créneau.

Avec "Person of Interest", CBS est donc attendue au tournant puisqu'il s'agit d'une de ses plus grosses prises de risque de la dernière décennie. Mais CBS avait un argument choc : "Person of Interest" avait réalisé le meilleur score de CBS pour un nouveau drama lors des projections tests depuis 15 ans ! Il faut dire que la série est très loin d'être un simple procédurier comme les autres séries de la chaîne.

"Person of Interest" est une série créée par Jonathan Nolan, co-scénariste du mythique film "The Dark Knight". On oubliera totalement la présence de J.J. Abrams au générique, simple argument commercial comme Steven Spielberg. Dans les bandes annonces, ça fait toujours bien de dire "Par le créateur de Alias, Lost et Fringe". Au casting, on retrouve Michael Emerson ("Lost") et Jim Caviezel ("Le Prisonnier", version 2009).

Le pitch de la série peut paraître futuriste : une machine conçue par le milliardaire Finch (Michael Emerson) permet d'identifier les personnes qui vont être impliquées dans un crime. Avec l'aide de son partenaire Reese (Jim Caviezel), Finch va tenter de déjouer les différents crimes prévus à New York.

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Chaque épisode va donc commencer par un jeu d'obeservation où on tente d'en apprendre davantage sur la personne impliquée et la mise en place du meutre de la semaine. Mais la force du concept est de reposer sur cette question : la personne impliquée repérée par la Machine est-elle la victime ou le coupable ? De nombreux épisodes possèdent donc un twist intéressant où la personne qu'on croyait être la victime va en fait se révéler être le commanditaire.

La première moitié de saison de "Person of Interest" est donc essentiellement constituée d'épisodes bouclés. Un fait qui a pu en rebuter plus d'un et ne pas laisser sa chance à la série. Mais ces épisodes sont essentiels : ils sont là pour poser les fondements de la série et expliquer le fonctionnement de la Machine. Comme l'a si bien expliqué un producteur dont j'ai perdu le nom, les 13 premiers épisodes d'une série sont souvent la répétition du pilot. Il s'agit de bien installer les personnages et laisser le temps au public de se familiariser avec le concept de la série.

Car il ne fait tout de même pas oublier un point : on est sur CBS. Si la série est ambitieuse, on ne pouvait pas dès le départ partir sur des intrigues feuilletonnantes et complexes à suivre. Le public aurait certainement été vite rebuté et la série n'aurait peut être pas passé le stade des 13 premiers épisodes. Mais cette première moitié de saison est très loin d'être inutile ou inintéressante. Elle introduit notemment le personnage de Elias dans l'épisode 7, personnage qui se révèlera et deviendra plus ou moins régulier dans la deuxième moitié de saison comme le père du crime organisé à New York.

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Par ailleurs, ces épisodes mettent en place le duo Finch / Reese et la complicité qui s'installe entre les deux héros. Michael Emerson campe à merveille le personnage de Finch. Sa prestation est très proche et assez inspirée de son rôle mythique de Benjamin Linus qui a littéralement porté "Lost" pendant ses quatre dernières saisons. C'est donc avec un immense plaisir qu'on retrouve Michael Emerson dans "Person of Interest".

A ses côtés, Jim Caviezel incarne Reese qui peut être vu comme le "Batman" version CBS. Et c'est bien évidemment là qu'on retrouve la touche de Jonathan Nolan, co-scénariste de "The Dark Kngith". "Person of Interest" est une série sombre, violente, utilisant avec merveille le milieu urbain et la ville de New York. Les thèmes du crime organisé et de la corruption, très présents dans la deuxième moitié de saison, ne sont pas sans rappeler Gotham City.

Par ailleurs, la prestation impeccable de Jim Caviezel est largement inspirée du "Batman". Debout, statique au mileu de la rue, visage caché par une cagoule, Reese dégaîne sa plus grosse arme pour faire exploser le véhicule qui arrive en face et en extraire le suspect ou la victime. C'est le nouveau Jack Bauer en costume. Les scènes sont parfois un peu caricaturales mais la réalisation et la musique sont d'une force qu'on en oublie le reste.

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Cette première moitié de saison se conclut pour moi par l'épisode mythique "Root Cause" qui introduit le personnage de Root et fait monter sérieusement le niveau de la série d'un cran. Root est le premier adversaire - féminin qui plus est - de taille qui rivalise avec Finch dans un affrontement technologique. Alors que dans ce premier épisode les deux personnages ne se rencontrent jamais si ce n'est par ordinateurs interposés, on sent clairement une relation d'admiration naître entre les deux. Le final de la première saison concluera de manière épique cette intrigue et annonce un début de saison 2 palpitant.

Passé donc le début de saison et le socle posé, la deuxième moitié de saison joue avec le concept de la série et la fait évoluer vers un thriller palpitant. CBS est par ailleurs intervenue sur la série en demandant à mi-saison d'accorder davantage d'importance et de temps d'antenne aux personnages des détectives Carter et Fusco. Si l'intervention d'un network dans le processus créatif est rarement une bonne nouvelle - les fans d'Alias en savent quelque chose -, ici, les scénaristes ont su intégrer cette demande avec brio.

Les deux détectives policiers qui aident Finch et Reese dans leurs enquêtes ne savent pas que l'autre est aussi impliqué et qu'ils travaillent tous les deux pour la même personne. Ce jeu de suspicion se termine par une réunion bien aménée dans le final, qui là-aussi, peut redistribuer les cartes pour la saison 2.

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Par ailleurs, la série explore à plusieurs reprises le passé musclé de Reese et celui de Finch qui l'a conduit à construire la Machine au travers de flashbacks pertinents et intéressants. Ici, les flashbacks ne sont pas un gadget destinés à faire exploser le budget perruque et coiffures. Ils sont ancrés dans le même univers que la série, avec la même ambiance et la même noirceur, toujours au service de l'intrigue.

Au final, "Person of Interest" a parfaitement remplie sa mission et même plus. Elle a su allier la contrainte de l'épisode stand-alone avec histoire bouclée en l'intégrant dans une histoire plus générale et plus complexe. Si la série ne devrait pas dévier de ce postulat, elle promet une suite palpitante. Pour tenir sur la longueur, il me semble impératif de conserver ce schéma. Partir dans une intrigue purement feuilletonnante et complexe à la "Lost" ou "Alias" ne serait pas bénéfique. Le public ne ferait que s'évonouir progressivement et il serait difficile d'en attirer de nouveaux en cours de route.

Conserver l'aspect enquête de la semaine imbriquée dans un New York corrompu avec un aspect mythologique distillé sur la Machine me paraît être clairement la meilleure formule. La réalisation soignée et implaccable rend chaque épisode prenant de bout en bout. On est clairement devant une série "haut de gamme" qui soigne son visuel et ses scénarios adultes sans fausse note qui se croisent et se recoupent avec talent. La saison 2 est sans conteste attendue au tournant et on est impatient de voir quelle évolution va suivre "Person of Interest".

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RENDEZ-VOUS DEMAIN A 9H POUR DECOUVRIR LA PLACE N°31.


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Lundi 13 août 2012 1 13 /08 /Août /2012 09:00
- Publié dans : TOP SERIES 2011/2012 - Ecrire un commentaire - Voir les 54 commentaires
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