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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

Note : Cette critique est garantie sans spoilers.

PLACE 9 : REVENGE (saison 1)

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C’est peut-être la dernière place « polémique » de la saison avant un top 8 qui, je l’espère, mettra tout le monde d’accord. Mais je l’assume totalement. Revenge est la meilleure nouveauté network de la saison et sans aucun doute le guilty pleasure de l’année. Le soap is back mes amis, le soap is back. Le vrai, le pur. Cela faisait 10 ans qu’un vrai soap à l’ancienne n’avait pas été tenté sur un grand network. Et les dernières tentatives n’étaient point brillantes : Titans sur NBC, Pasadena sur FOX. Je mets volontairement de côté des séries type Desperate Housewives ou Dirty Sexy Money, se distinguant par leur côté plus hybride mêlant humour et drama. Mais Revenge a réalisé l’impensable : réconcilier le public avec un genre qui apparaissait aujourd’hui comme désuet, cheap, voire enterré.

Retour en septembre dernier. Quand Revenge débute le mercredi soir sur ABC, face aux Experts et à New York Unité Spéciale, absolument personne n’y croit. Il faut dire qu’ABC l’a vendu d’une drôle de manière, nous promettant une sombre version modernisée du comte de Monte-Cristo. On craint le pire. Le postulat de départ était assez simple : une jeune femme découvre qu’une famille riche et influente a piégé son père en le faisant passer pour un terroriste. Sauf que cette dernière l’avait toujours pensé coupable. A la mort de son père, elle décide donc de se venger en les détruisant les uns après les autres.

Cette promesse aurait pu être traitée sous de multiples aspects : dramatique ou « thrilleresque » par exemple … Mais Mike Kelley, le créateur du show, décide d'en faire un soap, un vrai. Quand le genre originel s’est éteint aux débuts des années 2000, la raison en était finalement assez simple. Entre 2 décennies de soap primetime (Dallas & Co dans les années 80 puis Melrose & Co dans les années 90) et 50 ans de soap quotidien, tout avait été fait et refait. Le moindre rebondissement, jusqu’aux plus abracadabrantesques, avait été pensé et réadapté dans une multitude de soaps différents.

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Revenge présentait donc un risque énorme, une déception presque certaine. Et pourtant. La série arrive à point nommé, le téléspectateur a eu plus qu’assez de temps pour digérer l’overdose des années 90. Le pilote de Revenge était non seulement une surprise, mais peut-être l’un des pilotes les plus réussis de l’année. Mike Kelley applique la recette consacrée à la lettre : un casting charismatique, des rebondissements à outrance, des retours de bâton à chaque épisode, des scènes « catfight » de pure jouissance, des révélations improbables, des cliffanghers à s’arracher les cheveux … Absolument tout est là.

Le mot « jouissif », un peu comme « série culte », est quelque peu galvaudé, utilisé pour la moindre série. Mais il s’applique parfaitement à celle-ci. Revenge est un vrai tour de force. Avec le recul, on a souvent tendance à ne retenir que les beaux moments du passé. On se souvient donc de Melrose Place comme le soap ultime, sans temps mort. Mais rappelez-vous, en plein cœur des saisons, même des plus réussies, Melrose avait des périodes de creux, où il ne se passait pas grand-chose.

Mais ce n’est justement pas le cas de Revenge qui enchaîne surprises et rebondissements pendant 22 épisodes sans faiblesses (si ce n’est un épisode flashback complètement inutile qui fait office de remplissage à trois épisodes de la fin de saison). Le tout est accentué par une réalisation rythmée (notamment pour les fameuses scènes sur la plage) et un montage assez cut qui modernise instantanément un genre qu’on avait envoyé aux oubliettes.

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Le manque d’intérêt suscité par la série avant sa mise à l’antenne est peut-être ce qui l’a sauvé.  Revenge s’est imposé au fil de la saison par sa qualité intrinsèque et l’addiction qu’elle engendre, bien plus que par la campagne de com. La série a gagné ses galons grâce à ce qu’elle est et non à ce qu’elle voudrait être. Futée, ses premiers épisodes sont d’ailleurs assez « stand-alonien ». Emily choisit une cible par épisode qu’elle prend soin de détruire entièrement jusqu’à ce que sa vie soit entièrement ravagée. Mais le schéma devient vite répétitif. Mais très vite, la série abandonne ce concept pour devenir purement feuilletonante. On comprend donc qu’il s’agissait d’un malin stratagème pour capturer les nouveaux arrivants au fil des premiers épisodes avant de les fidéliser sur la suite. Stratégie réussie puisque les audiences de la série ont suivi une étonnante stabilité au fil de la saison, assez rare dans les temps qui courent.

Mais ce ne sont pas les seuls éléments qui ont permis à Revenge de ramener le soap à la vie. Premièrement la série possède une vraie histoire, un fil rouge sur la saison et sait parfaitement où elle va. Traditionnellement, dans les soaps de soirée, un arc ne dure pas plus de 5-6 épisodes et se renouvelle en permanence. L’histoire de Revenge est plus ambitieuse. En dépit de quelques longueurs, on sent que les scénaristes se sont posés en début de saison et ont établi une vraie bible, parsemant ainsi à chaque épisode son lot de choc et de rebondissements. Même si la série a parfois un côté un peu trop fantasque et surréaliste, notamment le fait qu’Emily semble avoir plus de moyens qu’Oprah Winfrey et Bill Gates réunis. Mais c’est un soap bordel !

La saison est en réalité découpée en deux. Il y a l’avant et l’après « drame ». Sans spoiler, puisqu’il s’agit de la première scène de la série, le fils de Victoria Grayson, la matriarche, est assassiné lors de son mariage avec Emily. Les 13 premiers épisodes vont alors relater l’avant-mariage et toute la stratégie d’Emily pour détruire les Grayson. La résolution de ce meurtre était peut-être l’une des scènes les plus attendues de la saison et a – à juste titre – déçu fans et critiques. Les scénaristes ont choisi la solution la plus facile alors qu’ils avaient prouvé toute la saison leur propension pour le risque. C’est certainement la plus grosse erreur de la saison.

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Les premiers épisodes de la deuxième partie de saison souffrent de ce « manque de couilles ». Peut-être plus du côté du téléspectateur déçu que des intrigues en elle-même. En effet, il n’y a pas le traditionnel coup de mou de mi-saison des soaps. Ou alors, il est très court et très focalisé (je pense à l’intrigue de Victoria). Quoi qu’il en soit, la série se reprend très vite pour offrir une fin de saison très enlevée et plus excitante que jamais.

Le deuxième élément qui distingue Revenge des soaps habituels concerne le personnage d’Emily, la star de la série. Là-aussi, Revenge défie les lois du soap, traditionnellement assez manichéen, puisque la gentille héroïne n’est en réalité pas si gentille que cela, peut-être même plus garce que la vraie garce du show… Il est difficile d’en dire plus sans spoiler mais les amateurs me comprendront !

Généralement, dans un soap, chaque groupe de personnage a sa storyline et n’interagit quasiment pas avec les autres. Dans Melrose Place, pour continuer dans cet exemple, deux personnages emblématiques de la série comme Michael et Jake se sont à peine croisés au fil de la série. C’est donc le troisième élément qui constitue l’essence de Revenge : malgré le cast choral, la totalité des intrigues sont liées, interconnectées.

Revenge fonctionne également grâce à son cast et ses personnages. Leur alchimie crève l’écran. Le choix d’Emily VanCamp en fausse gentille / vraie femme démoniaque avait laissé nombre de critiques dubitatifs. Avait-elle les épaules pour porter une série ? Malgré un jeu parfois un peu poussif, on sent qu’elle veut convaincre, Emily Van Camp  finit peu à peu par incarner son rôle.

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Elle est aidée par des co-stars absolument formidables, surtout la grande Madeleine Stowe dans le rôle de l’impitoyable Victoria Grayson. C’est LA garce de soap. Son rôle est une jubilation de chaque instant. Les scénaristes soignent particulièrement ses répliques, d’une perfidie extrême mais toujours prononcées avec le sourire. Ses face-à-face avec Emily, tout en hypocrisie et en non-dits, vous clouent devant votre écran.

Gabriel Mann est l’autre révélation de la série. Son personnage d’acolyte un peu burlesque de la gentille méchante est assez inhabituel pour un soap. Généralement, chacun est un peu là pour sa gueule. Mais le duo qu’il forme avec Emily fonctionne parfaitement, le personnage devient très vite attachant et surtout incarne la caution humoristique indispensable à la série.

Parallèlement, le casting secondaire est un peu décevant. Joshua Bowman (Daniel) et Nick Wechsler (Jack) jouent au concours du beau gosse le plus insipide. Christa B. Allen est tête à claques. Connor Paolo n’est pas du tout crédible dans son rôle de tombeur. Non mais franchement, on dirait qu’il a 12 ans. Et Ashley Madekwe ne sert, comme d’habitude, à rien.

En deux mots : En une saison, Revenge est parvenue à dépoussiérer un genre entier en devenant le produit le plus jouissif de sa catégorie. Un pur guilty pleasure sans (presque) aucun temps mort. La révélation network de l’année.

 

RENDEZ-VOUS DEMAIN A 9H POUR DECOUVRIR LA PLACE N°8.

 

RETROUVEZ TOUTES LES CRITIQUES PRECEDENTES EN CLIQUANT ICI.

 

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Published by François - dans TOP SERIES 2011-2012
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commentaires

victor newman 05/09/2012 00:12


Je partage l'opinion de Nicolas. J'attend avec impatience la diffusion de la série sur TF1 en espérant qu'elle ne tarde pas trop !

SkyTomuch 04/09/2012 22:14


Du grand n'impporte quoi par ici ! 

Truk76 04/09/2012 18:04


Au final que ce soit mon exemple ou le tien on regarde aussi bien TVD que Homeland, donc soit on est une cible universelle soit les chaines se plantent. Canal + diffuse aussi bien Mad Men que
Vampire Diaries, donc elle vise toutes les cibles dans ce cas.


Bref, bien sûr qu'il y a une volonté au départ de "viser" mais tout cela ne résiste pas forcément aux usages des tlsp.


 

Nicolas 04/09/2012 16:51


"En réalité il n'y a pas de public prédestiné ("les simples", comme tu dis, sur CW, les élites
sur HBO....). Perso, je prend autant de plaisir a regarder Vampire Diaries, Glee, Game of Thrones ou Six Feet Under."

Sérieusement je crois que vous rêvez un peu. Bien sûre qu'il y a un public prédéterminé! La première question à se poser quand on vend un produit ou un service c'est: qui est-ce que ça pourrait
intéressé? C'est la première question que les producteurs se posent en faisant un film ou une série! Savez vous que la cible du cinéma en france c'est la cible "cadres et professions
intelectuelles supérieurs"? Soit la même cible qu'à Canal + et qui aime a diffusé les séries du cable américain notamment HBO.
Vous croyez vraiment que aux USA, puis dans les pays qui rachètent les séries, on achète les séries en fonction de leurs qualités uniquement et non en fonction de la cible de chaque chaîne?

Le soucis c'est que vous avez toujours le besoin de prendre votre situation personnelle comme un point de référence, et après tout on a tous un peu tendance à faire ça. Moi aussi je regarde
Homeland et Vampire Diaries et Revenge mais ça ne veut pas dire que les chaines diffusants ces séries n'ont pas de cible mais plutôt qu'on rentre dans plusieurs catégories ou qu'on ne fait pas
parti du public visé pour une de ces séries, ce qui n'empêche pas la majorité du public d'entrer dans des cases. Allez je l'avoue, je regarde même pretty little liars sur Abc family c'est mon
"plaisir coupable" et pourtant la série cible les jeunes filles alors que je suis un homme et que j'ai 23 ans. Je sais que la série est girly etque je ne suis pas du tout la cible mais ça
n'empêche pas que cette cible existe!

Que vous le vouliez ou non la cible de la CW : les femmes entre 18 et 35 ans, n'est pas la même cible que HBO (hommes et femmes cadres sup si je me souviens bien) ou Showtime. En france c'est
pareil et vous n'avez qu'à regarder le type de publicités qui passent pendant tel ou tel programme pour savoir à quelle audience on s'adresse.

Enfin le but d'une série n'est pas tant d'être "vu par le plus de monde" que d'être "vu par le plus de monde dans la cible délimité" nuance. ça explique d'ailleurs pourquoi en fin d'année au
moment des renouvellements certaines séries avec des audiences correctes peinent à être renouvelés: parce qu'elles font un mauvais score sur la catégorie de spectateurs visés. Quand tes
annonceurs passent des pubs majoritairements pour les femmes et que la série est regardée majoritairement par les hommes, alors ça ne va pas les insiter à continuer à acheter des espaces à cet
heure là, c'est comme ça que ça marche.

Et je ne considère pas du tout l'adjectif "simple" comme péjoratif, je n'aime pas ce besoin qu'on certaines chaînes de flatter l'égo du spectateur pour qu'il regarde ses programmes. Je préfère
des séries sans prétentions et qui font preuvent d'humilité et des spectateurs du même ordre. C'est dans ce sens là que j'entends "simple". 

leptibalinai 04/09/2012 15:07


C'est quand même très réducteur de définir, les fans qui posent problèmes, soit ceux de la CW, comme "simpe" . Donc si on regarde vampire diaries ou gossip girl on est pas un intellectuel. Et en
plus on sera un fan trop chiant. Peut être que pour qu'ils soient "moins problèmatiques" il faudrait arrêter de dire que comme ils regardent des séries de la CW ils sont limites attardés. De pas
prendre entièrement en compte ces séries aux mêmes niveaux que les autres parce qu'elles ont moins de 3 millions de téléspectateur ou qu'elle ne sont pas sur le câble.


Tout est question de goûts. Tout reste subjectif. On a tous des séries qu'on aime bien mais on a honte de la dire ou inversement faire croire qu'on a vu telle série parce que ça fait "bien"
auprès des autres. Alors arrêtons de juger les autres parce qu'ils adhèrent plus à telle ou telle série.


De plus, ici ce sont les fans de Breaking Bad qui râlent le plus parce qu'ils jugent Revenge trop ceci ou trop cela pour être avant dans le classement .Mais pourtant ce sont les mêmes qui disent
" je ne suis pas aller au bout de la saison". Alors comment juger la série sur une moitié de saison ? Ou même seulement le pilote ? De plus certains n'ont pas compris ce qu'était un soap puisque
leur critique mette en avant des défaults qui sont la définition même d'un soap.


Je trouve que Revenge n'est pas une mauvaise série malgrè des défaults consternants. Personnelement il est vrai que je ne l'aurais pas classé aussi haut. Mais pour les raisons citées par François
il est vrai alors que la neuvième place est justifièe.


 

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