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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

Cette critique est garantie sans aucun spoiler.

PLACE 1 : HOMELAND (saison 1)

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Ce n'est guère une surprise : Homeland, qui démarre ce soir sur Canal +, est la série n°1 de ce classement. Je vais donc vous écrire aujourd'hui une chronique sans spoiler afin que les quelques irréductibles qui n'auraient pas encore découvert la série puissent se rattraper dès ce soir.

Homeland est donc la nouvelle série d'Howard Gordon, créateur de 24. Assez paradoxalement, Homeland est assez proche de 24, tout en étant sa parfaite antithèse. La série met en scène une agent de la CIA qui soupçonne un soldat, tout juste libéré par Al-Qaïda après 8 ans de captivité, de travailler en fait pour l'ennemi.

Sur le papier, la série fait donc énormément penser à 24. On se situe toujours dans l'Amérique post-11 septembre, paranoïaque et sécuritaire, et qui a fait de la lutte antiterroriste l'un de ses fers de lance. Mais la comparaison s'arrête à peu près là. 24 était un divertissement. Ultra efficace, très bien rythmé, même jouissif, mais avant tout une série d'action, un enterteinment pop-corn.

A l'inverse, Homeland est une série beaucoup plus profonde, complexe et tendancieuse. Le spectacle explosif est ici remplacé par une incroyable pression psychologique exercée sur le téléspectateur. La puissance d’Homeland tient avant tout de sa maitrise parfaite, de son impressionnante habilité à raconter, à faire vivre son récit.

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Les premiers épisodes d''Homeland ne vous présenteront ni « gentil », ni « méchant ». Mais placeront peu à peu dans votre tête des dizaines d'interrogations, de suspicions. Qui croire ? Le téléspectateur n'a pas toutes les clés et se contente, au démarrage, d'avancer « blind », au fil des découvertes de Carrie. La série a l’intelligence de jongler avec le téléspectateur, de le manipuler en permanence, de jouer avec ses idées reçues en multipliant les faux-semblants. La série est un puzzle géant qu’il est impossible d’assembler car se mêlent à la pure intrigue policière des ressorts psychologiques et sentimentaux qui n’en finissent plus de brouiller les pistes.

La série est avant tout incarnée par le personnage de Carrie, l’agent de la CIA. Le personnage est si omniprésent et surtout si entier que peu à peu, le téléspectateur et elle ne font plus qu'un. La série a cette incroyable faculté à vous faire peu à peu pénétrer totalement dans son univers. De manière si forte que l'on ressent les doutes de Carrie, ses angoisses, ses démons, comme si nous pouvions les vivre nous-mêmes. L'histoire entre Carrie et Brody, et notamment l'exceptionnel épisode dans la forêt, en est la pure illustration.

Car oui, la raison pour laquelle Homeland est la série numéro 1 de ce classement, plus que Mad Men, Sons of Anarchy ou The Good Wife, tient en deux mots, ou plutôt un nom : Claire Danes. Aucun superlatif en ce bas monde ne suffirait pour qualifier sa prestation magistrale, tout bonnement hallucinante, déroutante, saisissante.

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Ceux qui l'ont vu me comprendront : la fin de l'épisode 10 est tout à fait le genre de scènes qui vous scotche devant votre télévision, même 10 minutes après la fin de d'épisode, où vous vous demandez bien ce à quoi vous venez juste d'assister. L'expression dans les yeux de Carrie, la folie qui l'envahit tout doucement pénètre peu à peu votre propre corps, vous laissant abasourdi à la fin de l'épisode. Quel autre actrice peut se targuer de provoquer une telle sensation ?  A ce niveau-là, ce n'est plus une simple question de jeu d'acteurs, Claire Danes est tout simplement possédée. Un génie des temps modernes. Il y a quelque chose de presque irréaliste dans sa prestation.

Le reste du casting n'a aucunement à rougir : Damian Lewis surprend, on ne le pensait pas capable d'un jeu aussi subtil. « Sa » scène dans le final (ceux qui l'ont vu me comprendront là-aussi) est tout simplement époustouflante, la réalisation aidant, probablement. Mandy Patinkin, dans un rôle paternel finalement pas si éloigné d'Esprits Criminels et Morena Baccarin sont également très bons, même si leurs rôles appellent sans doute à moins d'exubérance.

Si je m'éternise tant sur les personnages d'Homeland, c'est parce que ce sont eux qui ont permis à la série de friser la perfection, dès sa première saison. L'évolution psychologique de Carrie, et parallèlement celle de Brody, est encore plus prenante et palpitante que l'enquête en elle-même. Bien que les deux aspects soient évidemment interconnectés. Homeland est tout l'opposé des formulas shows de CBS: les personnages supplantent le concept. Une force dont peu de séries peuvent se targuer. De fait, Homeland est le genre de la série qui se regarde, se « vit » mais ne se raconte pas tant les acteurs constituent l’essence du show.

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J'ai lu certaines critiques suggérant le fait que les scénaristes auraient du partir sur une toute intrigue en saison 2, délaissant les personnages de Carrie et Brody, du moins en personnages principaux. Mais ce serait parfaitement impossible. Homeland n'est pas une série sur la CIA, ni sur un complot international. Homeland est Carrie, Homeland est Brody.

Le final illustre très bien cela. A la fois magistral et terriblement frustrant, brillamment orchestré et incroyablement rageant à la fois, tant les scénaristes se refusent de donner au téléspectateur le happy end usuel, nous prenant complètement à contrepied. La dernière scène pourrait presque être vécue comme un instant libératoire pour Howard Gordon. 24 n'aurait jamais pu aller aussi loin dans la démence, dans un traitement aussi violent et injuste de ses héros.

En deux mots : Homeland me ferait presque perdre mon latin. Je ne trouve pas les mots pour exprimer devant cette série, jouant sur nos peurs et nos instincts les plus primaires. Homeland est une série brillante, époustouflante de bout en bout, parvenant à créer une pression psychologique et une rage d’une intensité rare, presque parfois douloureuse, sur le téléspectateur. La série de l’année, oui sans aucun doute.

 

FIN DU CLASSEMENT.

 

ON RAPPELLE QUE TOUTES LES SERIES N'ONT PU ETRE PRESENTES DANS CE CLASSEMENT ET QU'IL Y A FORCEMENT DES OUBLIEES. L'OBJECTIF DU TOP 45 ETAIT DE PROPOSER 45 CRITIQUES DE SERIES DIFFUSEES AU COURS DE LA SAISON 2011 / 2012. ON REPRECISE QUE LES SERIES NON PRESENTES DANS LE CLASSEMENT NE SONT PAS FORCEMENT JUGEES PIRES QUE LES 45 SERIES PRESENTES. EN DEPIT DE CERTAINES POLEMIQUES SUITE A CERTAINES PLACES, NOUS ESPERONS QUE VOUS AVEZ PRIS PLAISIR A LIRE LES 45 CRITIQUES PROPOSEES CET ETE. 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 09:03

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 2 : MAD MEN (saison 5)

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Les fans Mad men attendaient la saison 5 comme le messie, ces détracteurs attendaient la chute de la série. Ces derniers devront repasser car Mad Men a encore mis pas mal de séries à terre grâce à son insolente perfection. S’il fallait définir les nouvelles aventures de Sterling Cooper Draper Pryce en un mot, ce serait différent.

Sûre d’elle, la série bouscule pas les fondamentaux, tout en osant de nombreuses nouveautés et où chaque épisode est l’objet d’une surprise. La première est de découvrir un Don Draper heureux. Ça n’était quasiment jamais arrivé en 4 ans. Son mariage avec Betty était malade depuis le début de la série, on a connu Don en pleine dépression, pour ensuite sortir la tête de l’eau en demandant Megan en mariage. En pleine lune de miel, le nouveau couple Draper est fascinant de beauté et de modernité.

La relation Don, Megan (y compris dans ses mauvaises côtés) n’a rien à voir avec la relation marquée par les fifties de Don et Betty. Si January Jones a été régulièrement comparée à Grace Kelly, Jessica Paré joue de ses origines francophones en forçant la ressemblance avec les françaises Jane Birkin, icône elle des seventies. Et ce n’est pas un hasard. La révolution sexuelle, des mœurs et des femmes frappe à la porte des pubards. Roger Sterling doit regretter l’époque de sa gloire bien qu’il reste un dandy magnifique au ressort comique fabuleux cette année. Son trip sous LSD mettant fin à son mariage est simplement hallucinant, tout en gardant la sobriété légendaire de la série.

Pendant ce temps, Pete se transforme en une espèce de monstre. Campbell n’était pas très sympathique avant, désormais c’est un sentiment de dégoût mêlé de malaise qui se dégage du personnage. Ce qui pourrait racheter le puant personnage ? Rien, si ce n’est la présence surprise d’Alexis Bledel. Sa participation était restée ultra secrète jusqu’à son apparition à l’écran. J’ai du mal à en croire mes yeux. Bonheur immense de retrouver la retrouver bien loin des années Gilmore girls en femme infidèle accro à la lobotomie pour tout oublier.

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Fort discrète cette année, Peggy aura fait un pas de géant dans sa carrière et dans sa vie. Elle a un vrai petit ami et comme tout petit ami celui ci se doit d’être ennuyeux. Et elle passe à la vitesse supérieur en quittant son mentor pour briller sous d’autres cieux. Peggy ne pouvait plus progresser chez SCDP et son machisme ambiant. En rejoignant la concurrence, elle devient désormais d’égale de Don. Leur amitié reste elle inchangée, peut être même plus profonde. Toujours ancrée dans le respect et l’admiration de l’autre. Je reste avec cette image dans ma tête, Peggy va devenir une grande dame de la pub. Je la vois bien la clope au bec, voûtée par l’âge, une canne à la main arpentant les couloirs d’une grande agence et crainte de tous  aujourd’hui en 2012.

La fin de la saison se clôture sur deux éléments chocs, si pas controversé. Dans une certaine tradition soap, Joan est obligée de se prostituée pour le bien de l’agence. Avait elle le choix, l’époque n’explique t’elle pas son attitude ? Honnêtement, je n’ai pas spécialement apprécié cette direction et c’est bien une première en 5 saisons. Le suicide de Pryce était lui inéluctable. Depuis le début, on sentait la mort roder autour de l’agence. Et quitte à tuer quelqu’un autant en finir avec Lane. Le british pudding n’a jamais été l’un de mes préférés, il ne sera pas parti sans rien et aura eu de bons moments cette année. Son obsession pour une photo d’une belle jeune femme trouvée dans un porte feuille égaré et son règlement de compte tous poings dehors avec Pete. Une correction du plus bel effet. Avouons le, il a réalisé le fantasme du téléspectateur en pétant la gueule de Campbell.

J’ai néanmoins trouvé que cette saison avait un goût de trop peu. Si elle n’a pas eu de grands axes centraux, elle est passée beaucoup trop vite et  a quelque chose de frustrant. En même temps, c’est aussi un bon signe, ça veut dire qu’on ne s’est pas ennuyé. Et s’il faut terminer l’article sur une belle métaphore en écho avec les intrigues, cette 5e année des Mad men aura été aussi rapide qu’une Jaguar.

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 3 : SONS OF ANARCHY (saison 4)

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Il y a des séries dont il est plus facile de se remettre de l’arrêt que d’autres. The Shield en fait parti. Et Sons of Anarchy en est la raison. Je faisais déjà le parallèle entre les deux séries l’année dernière, il n’en est que plus renforcé cette année. Les deux séries partagent cette même puissance extrême dans leurs intrigues,  cette même tension palpable poussée à son paroxysme scène après scène, cette même maitrise des personnages lui permettant d’aller encore plus loin d’années en années sans jamais manquer de cohérence. Sons Of Anarchy, comme The Shield en son temps, est un chef d’œuvre. Le mot est lancé.

Après la parenthèse irlandaise de la saison 3, la série est cette saison revenue à ses basiques, à savoir une intrigue fil rouge au cœur du club et de ses luttes de pouvoir. En cela, on se rapproche assez de la première saison. Mais cette saison 4 est avant tout la saison de Clay.

De l’ensemble des Sons, Clay a peut-être toujours été le moins intègre, le plus borderline. Mais face aux adversités connues lors des précédentes saisons (notamment le viol de Gemma et l’enlèvement du fils de Jax), le personnage s’est toujours tenu, avait toujours défendu le club et sa famille. Libéré de ces contraintes, et de plus en plus attiré par l’argent facile, Clay dérive complètement en saison 4.

La descente aux enfers de Clay est donc au centre de la saison, excellemment rythmée au fil des épisodes. Clay est prêt à tout pour s’enrichir sur le dos du club sans que personne ne l’apprenne. La vérité, notamment sur le meurtre du père de Jax, le mettrait tout simplement hors jeu. Pour sauver sa réputation, il va alors petit à petit commettre atrocité sur atrocité, allant jusqu’à commanditer le meurtre de sa belle-fille et tuer de ses mains l’un de ses plus vieux compagnons de route.

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Le personnage va assez vite basculer dans la folie pure. Il est allé beaucoup trop loin pour s’arrêter en plein milieu et n’a d’autre choix que de continuer sur sa lancée meurtrière. Lorsque le piège va peu à peu se renfermer sur lui sur les derniers épisodes de la saison, la tension devient tout bonnement insupportable. On passe 45 minutes sous apnée, étouffée par la pression dégagée par la série. Sons of Anarchy a la faculté de créer de surpuissantes situations de non-retour, auxquelles il est totalement impossible d’en deviner le dénouement.

L’une des scènes les plus insoutenables de la saison est probablement dans l’épisode 10 lorsque Clay passe Gemma à tabac après que celle-ci l’ait confronté avec la vérité. La scène est d’autant plus forte, d’autant plus choquante, qu’on ne pensait jamais Clay capable d’un tel acte. Son amour pour Gemma paraissait au-delà de toute affaire concernant le club. Mais il en est rien. Gemma va alors développer une haine silencieuse pour Clay, accentuant encore la tension entre les deux personnages.

Je le répète chaque saison mais Katey Sagal est une actrice époustouflante. Son jeu tout en charisme, en force mais à la fois en pudeur extrême rend le personnage aussi attachant que détestable. Son parcours en fin de saison 4 est passionnant : d’abord la honte d’être passée de matriarche à femme battue puis la stratégie qu’elle va mettre en place pour détruire Clay. Parallèlement, le duo qu’elle forme avec Unser est aussi improbable qu’attachant.

Le basculement intervient réellement lorsque Jax, entrainé par la fureur d’Opie, découvre la vérité autour de Clay. Et surtout qu’il est derrière l’enlèvement de Tara. A quelques épisodes de la fin, on ne voit franchement pas par quel tour de passe-passe Clay pourrait bien finir la saison vivant. La conclusion a décontenancé par mal de fans, beaucoup criant à la facilité. Jax est contraint de garder Clay en vie car il est le seul avec qui les Irish Kings, gang indispensable à la survie des Sons, souhaite négocier.

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Oui, la conclusion est peu facile. C’est certain. Mais pas incohérente dans la mesure où Clay dirige le club depuis de très nombreuses années tandis que Jax y a toujours été reluquant, jurant même qu’il quitterait Charming à la fin de la saison. Ce retournement de situation permet donc à la fois à Clay de rester vivant et à Jax de rester pour le surveiller et prendre la tête du club. Mais à la fois, si la série avait continué sur sa lancée et avait bel et bien tué Clay, que serait-elle devenue ? La série aurait-elle vraiment pu se passer de Clay ? J’ai tendance à répondre que non.

Cette saison le prouve bien avec le départ d’Ally Walker, qui restera à jamais comme l’un des personnages les plus fourbes, les plus exaltants et les plus charismatiques des Sons. Condamnée à la fin de la saison 3, elle n’avait pas bénéficié du même joker que Clay. Le recrutement de Rockmond Dunbar en nouveau Monsieur Loyal de la saison n’était franchement pas le coup du siècle. L’acteur était déjà bien insipide dans Prison Break, et ce n’est guère mieux dans les Sons. En espérant que Jimmy Smits relève le niveau la saison prochaine.

Néanmoins, son personnage n’aura pas été inutile. L’enquête qu’il mène avec la CIA pour faire tomber les Sons est passionnante. Pas tant pour l’enquête en elle-même – après tout on est assez familier avec les agissements des Sons depuis quelques années – mais plus pour les conséquences qu’elle entraîne.

La belle famille des Sons, si unie en apparence, se fissure peu à peu pour virer à l’affrontement général. Le parallèle avec la descente aux enfers de Clay est très intéressant puisque, dans un cas comme l’autre, la série joue sur nos acquis, sur des principes qu’elle avait établi au fil des saisons. S’il y avait bien un élément sur lequel on n’avait aucun doute, c’était la force des liens entre les Sons.

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Mais ceux-ci éclatent peu à peu au fil de la saison. Outre la mise à mort de Clay et le meurtre de Piney, la tentative de suicide de Juice était extrêmement déroutante. Un violent rappel à la réalité du club, et à ses principes racistes. Le basculement d’Otto (formidable Kurt Sutter !) était tout aussi surprenant – et jubilatoire.

Le déchirement des Sons laisse un vrai champ de ruine à l’aube de la saison 5, où absolument tout est à reconstruire. Sutter a un véritable boulevard devant lui pour amorcer une reconstruction totale de la série dans cette saison à venir. Nul doute qu’il réussira – encore une fois – son coup.

En deux mots : Back to basics pour les Sons. Après deux saisons unissant les Sons autour d’événements dramatiques, la saison 4 prend un malin plaisir à déconstruire les acquis autour d’une intrigue passionnante – et passionnelle – entre folie, trahisons et descente aux enfers. SoA n’est certainement pas la série la plus subtile à l’heure actuelle, mais la plus puissante et la plus exaltante à coup sûr.


 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:46

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 4 : THE GOOD WIFE (saison 3)

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Une nouvelle année encore, The Good Wife domine largement le palmarès network. Et de loin, puis-je ajouter. Je voue une admiration sans demi-mesure à cette série qui parvient à être brillante en toute circonstance, et ce quelque soit le sujet qu’elle traite. Que ce soit dans ses intrigues fleuves, dans les développements des vies personnelles des avocats ou bien évidemment dans ses affaires judiciaires, The Good Wife maintient un même niveau d’excellence.  La série ne reprend  jamais son souffle, ne s’autorise même pas quelques épisodes de mi-saison un peu fumeux comme on l’observe régulièrement avec les séries de network. La série est-elle infaillible ?

La grande force de The Good Wife est d’être une série à la fois intelligente et grand public, pointue mais accessible. La série ne donne jamais aux téléspectateurs le sentiment de les prendre de haut mais au contraire, de les accompagner dans leur réflexion. La série nous procure une sensation d’intelligence, cultive avec pédagogie. C’est extrêmement rare pour être souligné mais, contrairement à la plupart des séries alliant stand-alone et mythologie, The Good Wife excelle tout autant dans les deux domaines.

Les affaires  se distinguent très nettement des autres séries judiciaires, et notamment des séries Kelley. Alors que les séries Kelley abordent souvent des thèmes sociétaux, The Good Wife se concentre avant tout sur des thèmes d’actualité, rendant la série très moderne, très pertinente. Et surtout, elle parvient à rendre passionnantes des thématiques pas si évidentes, comme la guerre en Syrie par exemple.

On ne se rend pas compte à quel point il est difficile de rendre intéressant des sujets aussi complexes. The Good Wife est peut-être la seule série à y parvenir. Bien sûr grâce à son écriture – impeccable – mais également grâce à la construction originale de  ses épisodes. Les épisodes sont tous bâtis selon des schémas différents, la série tente en permanence de nouvelles manières de raconter une histoire. L’épisode peut ainsi démarrer sur un procès en cours, sur le début de l’affaire ou même son plaidoyer final, il peut prendre la forme d’une course contre la montre, d’une simple négociation ou que sais-je encore. La série se renouvelle à chaque épisode, avec une puissance et un rythme fou, maintenant ainsi l’excitation du téléspectateur sur chacun des 22 épisodes.

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Mais cette saison se distingue des deux précédentes par le fait qu’une plus grande partie des épisodes est consacrée aux parcours des personnages. Après la campagne de Peter en saison 2, un grand arc sur la saison 3 s’intéresse au personnage de Will Gardner. La présence de la délicieuse Lisa Edelstein en début de saison était un régal mais l’intrigue prend un vrai tournant lorsque Wendy Scott-Car, candidate malheureuse la saison dernière face à Peter, va être mandatée par ce dernier pour faire tomber Will. Sa croisade contre Will, qui va vite se transformer en acharnement personnel, était palpitante de bout en bout.

Les conséquences le furent tout autant. Will évite d’être définitivement radié mais hérite de quelques mois de suspension. L’histoire n’est pas toujours très crédible, Will donnant son opinion à tout bout de champs sur les affaires qu’il a défendues. Mais qu’importe, le complot qui se dresse dans le cabinet pour renverser le pouvoir était passionnant. Le bal dans le bureau de Diane pour essayer de renverser Will était vraiment très drôle. En revanche, j’ai regretté qu’Eli en fasse parti. L’homme a toujours eu les dents qui rayent le parquet, mais toujours en restant relativement intègre.

La campagne de Peter terminée, il a bien fallu faire quelque chose d’Eli. L’idée de le recaser chez Lockhart & Gardner en expert de gestion de crises était bonne mais ses intrigues n’ont pas toujours suivi. Certaines étaient moins attrayantes que d’autres, notamment la campagne de son ex-femme, campée par Parker Posey. Décidément, entre The Big C et The Good Wife, cela n’aurait pas été la saison de Parker Posey. Qui plus est, le personnage d’Eli a parfois tendance à en faire des caisses.

Les guest parlons-en. C’est l’une des grandes forces de la série, The Good Wife sachant les utiliser à la perfection. Outre Lisa Edelstein, les guest marquantes de la saison sont principalement celles qui avaient déjà fait leurs preuves précédemment. On pense évidemment à Michael J. Fox, toujours jubilatoire dans son rôle d’avocat perfide utilisant sa maladie pour arriver à ses fins. Et puis la non moins truculente Martha Plimpton en arriviste manipulatrice qui transporte partout avec elle ses rejetons pleurnichards. L’idée d’associer le duo terrible dans le final était juste excellente.

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Du côté de Peter, une fois la tornade Wendy Scott-Car terminée, les intrigues étaient là-aussi parfois un peu ronronnantes. Le duo Peter / Eli fonctionne décidément beaucoup mieux que lorsque les deux personnages sont séparés. Problème qui promet d’être résolu en saison 4. Même son de cloche du côté de Cary qui tourne assez vite en rond, même si je n’ai jamais été un grand fan du personnage.

Au final, le seul personnage qui n’a pas encore eu son heure de gloire si j’ose dire est celui de Diane. Elle est toujours au centre des intrigues de chacun mais n’a pas eu sa vraie intrigue personnelle, comme Kalinda a pu l’avoir en saison 2 et donc Will en saison 3. De nombreuses parts d’ombre persistent encore chez elle. Il reste plus qu’à espérer que les scénaristes se focalisent un peu plus sur elle en saison 4, d’autant que Christine Baranski possède un charisme sans égal.

C’est évoquant cette incroyable galerie de personnages, portée par l’un des meilleurs casting actuel, que je réalise que je ne suis pas vraiment d’accord avec Julianna Margulies quant elle dit que The Good Wife, c’est avant tout le personnage d’Alicia Florrick. Bien sûr, le personnage est excellent. Surtout cette saison, Alicia aura plus que jamais été au centre des intrigues : la tourmente avec Will bien sûr, mais également les affaires douteuses de Kalinda ainsi que la campagne contre son mari.

Le personnage est fascinant, évoluant en permanence. Cette saison, plus que jamais, Alicia s’est affirmée. Elle n’est plus la douce femme trompée des débuts. D’abord avec la bataille qu’elle a menée contre Wendy Scott-Car, puis contre Jackie ou encore le moment où elle renégocie son salaire avec Diane après les propositions de Canning. Alicia a pris du galon, du bagout quitte parfois à ne plus se reconnaitre comme la scène où elle menace sa stagiaire.

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Mais néanmoins, The Good Wife pourrait se passer de Margulies. Elle laisserait un vide, c’est certain, mais qui ne serait pas insurmontable. C’est toute l’intelligence de la série : de ne pas avoir construit leur série autour d’une personnalité autour de laquelle les personnages secondaires tourneraient en orbite. La stratégie a démontré ses failles comme Les Experts qui ne sont jamais vraimen remis du départ de Grissom, ou de manière plus emblématique, X-Files. The Good Wife est donc bien plus que l’histoire de la Good Wife, et c’est tout ce qui fait sa force.

En deux mots : Et de trois. 3 saisons magistrales successives. (Presque) sans le moindre faux-pas. Pour une série de network – avec 22 épisodes par saison – c’est un vrai exploit. A l’heure où les séries de network se dirigent de plus en plus vers le pur divertissement, The Good Wife fait figure d’exception. Une série un peu à l’ancienne,  à l’écriture particulièrement soignée, comme pouvaient l’être The Practice, West Wing ou encore Hill Street Blues. Magistral.

 

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

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PLACE 5 : JUSTIFIED (saison 3)

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Franchement, à l’issu de la saison 2, je ne voyais pas comment la saison 3 pouvait ne serait-ce qu’égaliser son niveau d’excellence. C’est tout le danger après une saison incarnée par un personnage surpuissant, à la présence dévastatrice, au jeu d’acteur magistral et qui aura véritablement marqué la saison télévisuelle. Ce personnage, c’était celui de Mags Bennett, interprétée par l’époustouflante Margo Martindale. Sous ses airs de parfaite petite mère de famille, Mags était une impitoyable femme d’affaires, doublée d’une meurtrière, glaciale, roublarde et cruelle.

Au-delà de son aspect purement feuilletonant, Justified se différencie des autres séries policières par son univers, son ambiance. Justified est finalement plus un western qu’un cop show. Cette saison l’a bien compris, réduisant à peau de chagrin les épisodes stand-alone, toujours plus faibles que le fil rouge de la saison.  Son aspect western lui permet de prendre son temps dans ses intrigues, dans des scènes, dans ses dialogues. Bien que transposé à l’époque moderne, Justified n’est pas sans rappeler certains westerns modernes, encensés par les critiques, à l’image de True Grit.

Ainsi, la plus grande réussite de la série n’est pas à chercher dans ses scènes d’action mais dans ses dialogues savoureux, toujours brillamment écrits. Les confrontations entre les personnages opposés, on pense surtout à Boyd et Raylan, sont synonymes de joutes verbales d’anthologie. On se croirait vraiment revenu dans les années 60. Il semble que chaque mot prononcé soit pesé, réfléchi. Certaines scènes sont volontairement très théâtrales, sublimées par le cadre de la série, village traditionnel au cœur du Kentucky, et jusqu’à l’accent des habitants, rendant les dialogues encore plus délectables.

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Pour la saison 3, Justified a eu l’intelligence de ne pas transposer ni le background, ni la personnalité de Mags dans le nouveau « bad guy » de la saison. Le personnage de Robert Quarles, interprété par Neal McDonough en est même tout l’opposé. Mags était une vraie femme du terroir, entière, citoyenne historique de la bourgade. Quarles ne quitte jamais son costard, respirant l’argent et le vice, profondément sournois et instable. La série m’a réconcilié avec McDonough, dont les précédentes prestations, notamment dans Desperate Housewives, n’étaient pas franchement convaincantes.

Son rôle semble clairement avoir été bâti pour lui : sous ses airs d’implacable businessman au sourire Email Diamant se cache un ténébreux psychopathe. La série a un vrai don pour noircir ses personnages. Les scènes suggérées où il viole son ado-esclave sexuel sont glaçantes. La folie totale du personnage de McDonough permet de maintenir une tension et un suspens constant sur la totalité de la saison. Et ce, même si Justified revient plus à du polar plus classique là où Mags avait transporté la série dans une toute autre sphère.

Mais c’est peut-être finalement du côté de Boyd Crowder qu’il faut chercher la vraie réussite de cette saison. Le tournant du personnage en saison 2 était très bien vu. Mais on se doutait bien que Boyd n’allait pas se complaindre dans son rôle d’apprenti repenti. La série reste volontairement assez floue sur la sincérité ou non de sa phase mystico-religieuse. Quoi qu’il en soit, son nouveau basculement dans la criminalité est très bien amené. Ce n’est qu’après multiples tentations, tergiversations que Boyd décide de retourner du côté obscur de la force. Mais il ne se considère plus comme un malfrat de bas quartier. La sagesse qu’il a acquis en saison 2 lui permet désormais de justifier ses actes.

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Le duo qu’il forme avec Ava est tout aussi surréaliste qu’il est jouissif. Véritables Bonnie & Clyde du pauvre. L’entrée d’Ava dans la partie d’échec entre Boyd et Raylan rend leur relation encore pernicieuse. Néanmoins, je m’attendais à une plus grande tension avec les deux personnages. Raylan semble se foutre totalement que son ex se soit transformée en mère fouettarde au côté d’un homme qu’il déteste. Mon côté trop soap certainement.

Mais quoi qu’il en soit, Raylan reste la pièce maitresse de la série. Timothy Olyphant excelle plus que jamais. Son personnage est d’une classe folle, d’un charisme singulier, à la fois drôle et malin, nonchalant dans le style mais déterminé dans le fond. L’idée de génie des scénaristes est d’avoir mis en scène un marshall qui soit aussi habitant historique du comté. Son propre père étant impliqué dans les manigances de Boyd.

A l’inverse de la plupart des séries policières – et c’est peut-être ce qui fait la force avant tout de Justified – tout n’est ni tout blanc ni tout noir. Dans Justified, ce n’est pas le gentil héros contre l’horrible méchant. L’équation est beaucoup plus compliquée. Premièrement, le héros n’est pas tout blanc. Lui-même emprunt à ses démons du passé mais également à des méthodes pas toujours très catholiques. Mais surtout, le « bal des bad guys » offre une dynamique passionnante, complexifiant sans cesse les enjeux par un jeu de rééquilibrage permanant des rapports de force.

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Cette saison, le point intéressant autour de de Quarles est qu’il s’oppose à la fois à Raylan mais également à Boyd, deux personnages eux-mêmes ennemis. La série introduit même un quatrième acteur dans le rôle de l’arbitre : Limehouse, lui-même impitoyable parrain local, capable d’une cruauté sans limite. A partir de là, que faire ? La série joue en permanence sur ce côté tendancieux, presque parfois hasardeux, où l’on ne sait jamais dans quel camp les différents protagonistes vont placer leur pion, rendant le jeu encore plus exaltant.

En deux mots : Justified a eu l’intelligence de changer son fusil d’épaule après une saison 2 exceptionelle afin de ne pas souffrir de la comparaison. Mission réussie. Avec un arc totalement différent de l’année dernière, Justified nous prend de court et installe un climat de tension peut-être inégalé sur toute la saison. Un western enivrant.


 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

 PLACE 6 : AMERICAN HORROR STORY (saison 1)

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On a pu lire qu’American Horror Story serait du Ryan Murphy qui serait déjà parti en couilles. Autrement dit du Nip/Tuck saison 3 pour les plus fins connaisseurs … Une affirmation complètement erronée. En effet, partir en couilles, selon le petit Larousse illustré, désigne l’acte de s’éloigner de manière saugrenue d’un pitch de départ. C’est effectivement bien le cas de Nip/Tuck et de son serial doigteur d’anus, j’en conviens sans peine. Mais ce n’est pas le cas d’American Horror Story qui a même plutôt suivi le chemin inverse.

Une famille totalement frappée (mari colérique, femme cocue, fille allumée) emménage dans une maison hantée, peuplée d’esprits pervers et psychopathes, et qui plus est entourée d’un voisinage complètement cinglé. Le pitch était tellement casse-gueule qu’il était presque évident que Ryan Murphy et Brad Falchuck allaient foirer leur série.  Et pourtant. C’est finalement avec le projet le plus insensé de leur carrière, n’imposant aucune limite à leur imaginaire malsain, que Murphy/Falchuck ont livré leur œuvre la plus aboutie. Ne faut-il pas combattre le mal par le mal ?

American Horror Story est une œuvre à part à bien des égards : dérangeante, bordélique, foutraque, brouillonne et souvent grossière. Mais dans l’esprit tordu de Ryan Murphy, ces mots résonnent comme des éloges. Horror Story dégage une atmosphère unique, portée par une réalisation déroutante à  la fois glauque et classieuse. La série provoque un malaise incroyable chez les téléspectateurs tant les personnages sont amoraux, malsains, torturés. Certaines scènes vous glacent littéralement le sang, à l’image de la fameuse dégustation de cervelle crue par Connie Britton.

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Horror Story peut aussi compter sur un casting magistral, particulièrement l’envoutante Jessica Lange. La moindre de ses lignes est une pure délectation, une bouchée de caviar. Et puis, American Horror Story crée réellement la frayeur. On est bien loin des dernières expériences en matière de séries d’horreur, pour ainsi dire toutes totalement ratées. Récemment, on pense à The River, le Paranormal Activity du pauvre d’ABC (c’est dire le niveau …).

Il est également important de préciser que Horror Story est une anthologie. Autrement dit, chaque saison est indépendante. Le détail a son importance car il permet à la série de ne pas être construite comme une série traditionnelle. Les scénaristes n’ont ainsi pas le souci de se dire qu’en faisant avancer telle ou telle intrigue, ils pourraient porter atteinte à une hypothétique saison 2 (coucou The Walking Dead). La série n’hésite donc pas à repousser les limites de l’imaginaire, quitte à multiplier les rebondissements parfois un peu factices.

American Horror Story n’est pas une série telle que nous l’entendons habituellement. C’est un vrai spectacle, un gigantesque freak show. Un conte gothique et macabre, et en cela, une vraie histoire de maison hantée, presque à l’ancienne.

La série a un vrai souci de l’instant. Chaque épisode est ainsi considéré comme un évènement, poussant les intrigues à bout pour créer l’extraordinaire à chaque seconde. En une scène,  elle est prête à tuer un personnage, à renverser totalement ses intrigues si tant est que cette scène précise peut créer l’effroi, l’inouï et estomaquer le téléspectateur. Tant pis pour la suite, on verra l’épisode suivant. Et le plus sidérant, et qu’elle parvient toujours à retomber sur ses pattes.

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En cela, certaines scènes sont peut-être arrivées trop vite comme la mort subite d’Adelaïde, personnage déroutant et très prometteur, participant au côté « femme à barbe » de la série ... Au final, American Horror Story remplit tout à fait sa fonction primaire de série horrifique. Par définition, le genre, plus qu’aucun autre genre, se doit justement d’être prêt à tout pour créer la terreur, la surprise, le twist à tout prix. Point de soucis de réalisme. Elle partage ainsi beaucoup de l’ADN d’un soap. On ne peut donc chercher des noises à Horror Story sur les problèmes de cohérence, elle n’est pas là pour ça.

D’autant plus que ce qu’il y a de plus incroyable, c’est que Murphy/Falchuck parviennent à faire émerger une vraie histoire de cet exercice de style. American Horror Story, c’est aussi une intrigue passionnante, un thriller haletant avec un début, un milieu et surtout une fin.

Dans un film d’horreur, il y a toujours un moment, généralement vers la 62ème minute, où tout bascule. On découvre qu’en fait le héros est le vrai tueur mais qu’il ne le savait pas. Dans une série, le but de la manœuvre est donc de distiller cet instant crucial en 13 épisodes. Y parvenir est une véritable prouesse. Et Horror Story l’a fait. Pas un épisode de remplissage. Petit à petit, la série parvient à nous donner toutes les clés pour appréhender LE fameux twist, sans non plus nous mâcher le travail.

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En découpant à la manière d’un orfèvre le twist révélateur en mini révélations parsemées dans chaque épisode, Horror Story parvient à créer l’excitation et à maintenir la pression sur 13 épisodes. C’est un film d’horreur de 13 heures. Un exploit. Finalement, seul le final, plutôt convenu, fait office de remplissage et mainstreamise un peu l’intrigue. Inutile mais pas forcément gênant.

Conclusion : On attendait très fort la série au tournant, pensant assister à un freak show démentiel, pur délire égoïste du duo terrible Murphy / Falchuck. Et effectivement, on ne s’y était pas trompé. Sauf qu’on ne s’attendait pas à ce qu’en plus, ce foutoir soit maitrisé, à ce que les intrigues soient jubilatoires, le casting impeccable et la réalisation somptueuse. Assurément l’une des séries de l’année.

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 7 : TRUE BLOOD (saison 4)

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Après une saison 3 assez catastrophique, où la série s’était sentie poussée des ailes en embauchant une quantité d’acteurs réguliers digne d’un soap communiste, les scénaristes ont appris leur leçon en saison 4. Globalement, la saison 4 tourne autour d’une seule intrigue fleuve mettant en scène un groupe de sorcières qui va mener la vie dure à nos amis les vampires de Bons Temps.

Après la divine Michelle Forbes en saison 2 et le truculent Denis O’Hare en saison 3, la mission s’annonçait compliquée pour trouver un nouvel acteur avec autant de charisme. Et pourtant, en madame Loyale de la saison, Fiona Shaw nous transporte avec une prestation diabolique, envoutante, presque possédée. Les producteurs n’auraient pu trouver meilleure actrice pour camper ce rôle de vieille folle complètement allumée.

La saison 3 avait bien principalement souffert d’intrigues éclatées, qui partaient dans tous les sens. En saison 4, la plupart des intrigues tourne autour de Marnie. A commencer par la lutte contre les vampires. L’occasion de ravir enfin les shippers avec le sort jeté contre Eric, le rendant complètement béat et entraînant une histoire d’amour passionnée avec Sookie. Une intrigue donnant malgré tout lieu à quelques longueurs. Surtout, sous prétexte d’un traitement « conte macabre », presque à la Tim Burton, True Blood a parfois tendance à tomber dans la niaiserie. Le duo Eric / Bill est clairement plus efficace en version Expendables à la fin de la saison, plutôt qu’en amoureux éconduits de Sookie.

Mais surtout, la chasse aux sorcières est le théâtre de scènes complètement dingues, aussi bien visuellement que scénaristiquement. La série est éblouissante, parvenant à créer des situations cataclysmiques à la fin de chaque épisode, ou presque. C’est bien simple, True Blood propose à l’heure actuelle les meilleurs cliffanghers de la télé US (paradoxalement, sauf en fin de saison). On se croirait revenu aux grandes heures du soap, en version encore plus barrée évidemment. On retiendra notamment l’incroyable fin de l’épisode 4.07 où Jessica, piégée par les sorcières, entre dans la lumière ou encore celle du 4.11 où Marnie prend possession de Lafayette.

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De manière plus légère, le sort jeté contre Pam était également jouissif. Kristin Bauer van Straten, avec son physique de Lana Del Rey version cougar, est juste parfaite dans son rôle de vieille diva vampiresque. Parallèlement, la storyline de Marnie était tout aussi passionnante, bien qu’avec un traitement moins déjanté que celle de Maryann en saison 2, et surtout moins corrosif.

Même s’il reste encore le personnage de Nan Flanagan, jouissive en politicienne faux-cul, hargneuse en coulisses, la série a peu à peu effacé son aspect transgressif. La série n’a plus vraiment de portée sociale, politique et peut-être même religieuse. Du moins, en cette saison 4.  Ce dernier point était pourtant l’un des fers de lance de la série, notamment au travers de la fabuleuse saison 2. Mais ce n’est pas un défaut pour autant. Il faut simplement apprécier la série pour ce qu’elle est : un pur divertissement de science-fiction, jouissif, et totalement décompléxé.

Au fil des saisons, True Blood a gagné en maturité, même si elle conserve son style foutraque et bordélique qui lui sied tant. La  mythologie est bien plus développée qu’à ses débuts. Les intrigues ne sont plus cloisonnées à Bon Temps, la série a développé un aspect beaucoup plus « big picture ». On se rapprocherait presque d’une mythologie à la « heroic fantasy », notamment avec l’actuelle saison 5. True Blood est vraiment devenue une pure série fantastique.

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En nous prenant complètement à contre courant depuis maintenant 4 ans, True Blood a gagné sa légitimité. Elle peut se permettre n’importe quel fantasme, n’importe quel délire, (presque) rien ne peut lui faire sauter le requin. Même les aspects les plus borderlines passent comme une lettre à la poste, comme toute l’intrigue autour des fées et la cultissime réplique de Sookie « You’ve killed my fairy godmother ! » ou encore le bébé Chucky de Marlene. L’effet pervers est qu’on s’habitue aux folies de la série, qui nous surprend de plus en plus difficilement. Le véritable danger serait de tomber dans la surenchère permanente (comme dans la saison 3).

Enfin, concernant les intrigues secondaires, il y avait, comme toujours avec True Blood, à boire et à manger. La saison 4 aura également permis de redonner à Lafayette ses lettres de noblesse, en rendant le personnage plus ésotérique. Son rôle de souffre-douleur des vampires était un vrai gâchis. A l’inverse, Merlotte, son frère raté, ses amis libertins et l’ex petit-ami loup-garou de sa copine ont franchement tiré la saison vers le bas. Bien que ce soit des personnages historiques, et malgré un temps d’antenne réduit, des personnages comme Merlotte, Arlene ou Terry Bellefleur n’ont pas grand-chose à faire dans la série.

En deux mots : La mission n’était pas simple pour True Blood qui devait absolument repartir de zéro pour faire oublier les mauvais souvenirs de la saison 3. Un saut dans le temps et un resserrement des rangs plus tard, la mission est réussie. En conservant son aspect volontairement bordélique, True Blood nous livre une saison certes classique, mais prenante, inattendue et jubilatoire. 


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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 8 : DAMAGES (saison 4)

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Damages est une miraculée. Franchement, personne n’aurait parié sur la repêche de la série par le réseau câblée DirecTV, des mois après son annulation par FX. DirecTV est un peu la Zorro des séries qualitatives en mal d’audience, la Robin des Bois des téléspectateurs ignares redistribuant les petites pépites aux téléspectateurs exigeants.

Miraculée, Damages l’est. Un peu garce aussi. Car à cause d’elle, DirecTV ne sauvera plus personne, du moins l’avait-elle annoncé avant les rumeurs autour de The Killing. En effet, après avoir reçu les premiers chiffres d’audience, DirecTV a tout bonnement annoncé qu’on ne l’y reprendrait plus. La chaîne en était même réduite à communiquer sur l’audience cumulée – en Live +7 – des 345 diffusions hebdomadaires de la série afin de parvenir à un chiffre global pas trop honteux.

Qui dit faible audience, dit par conséquent budget amoindri. Mais cela s’est-il vraiment vu à l’antenne ? Oui et non. A la fois oui car la saison 4 possède un casting clairement resserré, particulièrement par rapport à la saison 3 et l’intrigue du clan Tobin, ainsi qu’un nombre d’épisodes moins important. Mais cela a finalement permis aux scénaristes de ne pas se fourvoyer dans d’inutiles intrigues parallèles, ce qui leur avait couté la saison 2.

Et à la fois non car visuellement, la restriction budgétaire n’est pas perceptible. La série n’a rien perdu de son style à la fois sobre, classe, épuré et glacial. Cette saison se situe finalement entre la saison 1 et la saison 3. Les scénaristes ont définitivement retenu les leçons de l’échec de la saison 2 pour laisser place à une intrigue efficace et sans complexité inutile. Pour autant, contrairement à la saison 3 qui prenait aux tripes dès le départ, la saison 4 patauge au démarrage. Faute au pitch.

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L’intrigue d’High Star, une société militaire privée employée par le gouvernement américain – et accusée de bavures en Afghanistan – met beaucoup de temps à convaincre et à justifier de sa légitimité. Damages nous avait habitué à des arcs beaucoup plus judiciaires, beaucoup plus polars. Ainsi, quand les premiers épisodes multiplient les scènes en Afghanistan, ratées et indésirables au possible, on se demande si on est bien en train de regarder Damages. Sans compter le côté très manichéen de l’histoire : les méchants de l’armée contre les gentils démocrates.

« Dommages et intérêts », comme on appelle la série chez nos amis québécois, nous a toujours habitué à un déroulé à la fois thriller mais aussi très tordu, machiavélique. Et donc ces premiers épisodes qui s’étendent sur les traumatismes de la guerre sur les soldats, franchement, on n’achète pas. On n’est pas dans Over There mais dans Damages bon sang.

Et heureusement, les scénaristes finissent par le comprendre à partir de la deuxième partie de la saison, brillante, qui renoue avec le jeu d’échec traditionnel qui constitue l’essence de Damages et nous transporte de manipulations en coups bas jusqu’à un final, toujours aussi spectaculaire.  

La saison 4 de Damages est moins centrée sur la relation entre Ellen et Patty, cette dernière étant parfois presque reléguée au second plan. Mais elle n’en reste pas moins passionnante grâce au personnage de John Goodman, époustouflant en père de famille patriotique aux traits de personnalité singulièrement opposés, doux et croyant d’un côté, brutal et impitoyable de l’autre. Sans lui, Damages n’aurait probablement pas autant réussi sa saison.

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La dimension religieuse établit par son personnage est fascinante, mettant presque parfois mal à l’aise. La série dénonce ainsi le recours à Dieu et à une lecture partisane de la Bible afin de justifier les pires atrocités. Pour garder ses mains les plus propres possibles, du moins du point de vue de sa morale, le personnage de Goodman fait commettre ses crimes par un vrai/faux homme de main, magistralement interprété par Dylan Barker. L’acteur est excellent quant il s’agit de jouer les méchants fourbes, mais tout en nuances.

La relation entre Patty et Ellen est donc moins présente cette saison, malgré quelques scènes d’anthologies entre les deux personnages, toujours d’une froideur, d’une perfidie et parfois d’une violence verbale infinie. Glenn Close est exceptionnelle, je ne cesserais jamais de le dire, avec sa faculté à toujours conserver un incroyable sang-froid tout en étant capable de basculer dans la pure folie de manière très ponctuelle, le temps d’une scène, d’une phrase.

Je crois que les scénaristes eux-mêmes seraient incapables de nous retracer l’historique du jeu « je t’aime moi non plus » du duo terrible. On ne sait franchement plus qui a voulu tuer qui et qui a trahi qui. D’un côté, tant mieux car cela commence franchement à devenir ubuesque. Quoi qu’il en soit, le duo fonctionne toujours parfaitement. Elles se soutiennent, se déchirent, se trahissent et s’entraident et ne sont pas avares en petites phrases.

La saison 5 à venir étant la dernière, la scène  finale laisse entrevoir une véritable conclusion dans la relation Patty / Ellen. Leur affrontement va devenir plus personnel que jamais et avec des conséquences, on en sait désormais un peu plus, qui s’annoncent tragiques.

En deux mots : On a eu peur. Très peur même. Après un début de saison assez barbant, Damages s’est très rapidement repris pour nous offrir une intrigue engagée, passionnante et toujours extrêmement efficace. Avec une telle ouverture, la saison 5 a les cartes en main pour offrir une belle conclusion à la série.

 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

Note : Cette critique est garantie sans spoilers.

PLACE 9 : REVENGE (saison 1)

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C’est peut-être la dernière place « polémique » de la saison avant un top 8 qui, je l’espère, mettra tout le monde d’accord. Mais je l’assume totalement. Revenge est la meilleure nouveauté network de la saison et sans aucun doute le guilty pleasure de l’année. Le soap is back mes amis, le soap is back. Le vrai, le pur. Cela faisait 10 ans qu’un vrai soap à l’ancienne n’avait pas été tenté sur un grand network. Et les dernières tentatives n’étaient point brillantes : Titans sur NBC, Pasadena sur FOX. Je mets volontairement de côté des séries type Desperate Housewives ou Dirty Sexy Money, se distinguant par leur côté plus hybride mêlant humour et drama. Mais Revenge a réalisé l’impensable : réconcilier le public avec un genre qui apparaissait aujourd’hui comme désuet, cheap, voire enterré.

Retour en septembre dernier. Quand Revenge débute le mercredi soir sur ABC, face aux Experts et à New York Unité Spéciale, absolument personne n’y croit. Il faut dire qu’ABC l’a vendu d’une drôle de manière, nous promettant une sombre version modernisée du comte de Monte-Cristo. On craint le pire. Le postulat de départ était assez simple : une jeune femme découvre qu’une famille riche et influente a piégé son père en le faisant passer pour un terroriste. Sauf que cette dernière l’avait toujours pensé coupable. A la mort de son père, elle décide donc de se venger en les détruisant les uns après les autres.

Cette promesse aurait pu être traitée sous de multiples aspects : dramatique ou « thrilleresque » par exemple … Mais Mike Kelley, le créateur du show, décide d'en faire un soap, un vrai. Quand le genre originel s’est éteint aux débuts des années 2000, la raison en était finalement assez simple. Entre 2 décennies de soap primetime (Dallas & Co dans les années 80 puis Melrose & Co dans les années 90) et 50 ans de soap quotidien, tout avait été fait et refait. Le moindre rebondissement, jusqu’aux plus abracadabrantesques, avait été pensé et réadapté dans une multitude de soaps différents.

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Revenge présentait donc un risque énorme, une déception presque certaine. Et pourtant. La série arrive à point nommé, le téléspectateur a eu plus qu’assez de temps pour digérer l’overdose des années 90. Le pilote de Revenge était non seulement une surprise, mais peut-être l’un des pilotes les plus réussis de l’année. Mike Kelley applique la recette consacrée à la lettre : un casting charismatique, des rebondissements à outrance, des retours de bâton à chaque épisode, des scènes « catfight » de pure jouissance, des révélations improbables, des cliffanghers à s’arracher les cheveux … Absolument tout est là.

Le mot « jouissif », un peu comme « série culte », est quelque peu galvaudé, utilisé pour la moindre série. Mais il s’applique parfaitement à celle-ci. Revenge est un vrai tour de force. Avec le recul, on a souvent tendance à ne retenir que les beaux moments du passé. On se souvient donc de Melrose Place comme le soap ultime, sans temps mort. Mais rappelez-vous, en plein cœur des saisons, même des plus réussies, Melrose avait des périodes de creux, où il ne se passait pas grand-chose.

Mais ce n’est justement pas le cas de Revenge qui enchaîne surprises et rebondissements pendant 22 épisodes sans faiblesses (si ce n’est un épisode flashback complètement inutile qui fait office de remplissage à trois épisodes de la fin de saison). Le tout est accentué par une réalisation rythmée (notamment pour les fameuses scènes sur la plage) et un montage assez cut qui modernise instantanément un genre qu’on avait envoyé aux oubliettes.

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Le manque d’intérêt suscité par la série avant sa mise à l’antenne est peut-être ce qui l’a sauvé.  Revenge s’est imposé au fil de la saison par sa qualité intrinsèque et l’addiction qu’elle engendre, bien plus que par la campagne de com. La série a gagné ses galons grâce à ce qu’elle est et non à ce qu’elle voudrait être. Futée, ses premiers épisodes sont d’ailleurs assez « stand-alonien ». Emily choisit une cible par épisode qu’elle prend soin de détruire entièrement jusqu’à ce que sa vie soit entièrement ravagée. Mais le schéma devient vite répétitif. Mais très vite, la série abandonne ce concept pour devenir purement feuilletonante. On comprend donc qu’il s’agissait d’un malin stratagème pour capturer les nouveaux arrivants au fil des premiers épisodes avant de les fidéliser sur la suite. Stratégie réussie puisque les audiences de la série ont suivi une étonnante stabilité au fil de la saison, assez rare dans les temps qui courent.

Mais ce ne sont pas les seuls éléments qui ont permis à Revenge de ramener le soap à la vie. Premièrement la série possède une vraie histoire, un fil rouge sur la saison et sait parfaitement où elle va. Traditionnellement, dans les soaps de soirée, un arc ne dure pas plus de 5-6 épisodes et se renouvelle en permanence. L’histoire de Revenge est plus ambitieuse. En dépit de quelques longueurs, on sent que les scénaristes se sont posés en début de saison et ont établi une vraie bible, parsemant ainsi à chaque épisode son lot de choc et de rebondissements. Même si la série a parfois un côté un peu trop fantasque et surréaliste, notamment le fait qu’Emily semble avoir plus de moyens qu’Oprah Winfrey et Bill Gates réunis. Mais c’est un soap bordel !

La saison est en réalité découpée en deux. Il y a l’avant et l’après « drame ». Sans spoiler, puisqu’il s’agit de la première scène de la série, le fils de Victoria Grayson, la matriarche, est assassiné lors de son mariage avec Emily. Les 13 premiers épisodes vont alors relater l’avant-mariage et toute la stratégie d’Emily pour détruire les Grayson. La résolution de ce meurtre était peut-être l’une des scènes les plus attendues de la saison et a – à juste titre – déçu fans et critiques. Les scénaristes ont choisi la solution la plus facile alors qu’ils avaient prouvé toute la saison leur propension pour le risque. C’est certainement la plus grosse erreur de la saison.

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Les premiers épisodes de la deuxième partie de saison souffrent de ce « manque de couilles ». Peut-être plus du côté du téléspectateur déçu que des intrigues en elle-même. En effet, il n’y a pas le traditionnel coup de mou de mi-saison des soaps. Ou alors, il est très court et très focalisé (je pense à l’intrigue de Victoria). Quoi qu’il en soit, la série se reprend très vite pour offrir une fin de saison très enlevée et plus excitante que jamais.

Le deuxième élément qui distingue Revenge des soaps habituels concerne le personnage d’Emily, la star de la série. Là-aussi, Revenge défie les lois du soap, traditionnellement assez manichéen, puisque la gentille héroïne n’est en réalité pas si gentille que cela, peut-être même plus garce que la vraie garce du show… Il est difficile d’en dire plus sans spoiler mais les amateurs me comprendront !

Généralement, dans un soap, chaque groupe de personnage a sa storyline et n’interagit quasiment pas avec les autres. Dans Melrose Place, pour continuer dans cet exemple, deux personnages emblématiques de la série comme Michael et Jake se sont à peine croisés au fil de la série. C’est donc le troisième élément qui constitue l’essence de Revenge : malgré le cast choral, la totalité des intrigues sont liées, interconnectées.

Revenge fonctionne également grâce à son cast et ses personnages. Leur alchimie crève l’écran. Le choix d’Emily VanCamp en fausse gentille / vraie femme démoniaque avait laissé nombre de critiques dubitatifs. Avait-elle les épaules pour porter une série ? Malgré un jeu parfois un peu poussif, on sent qu’elle veut convaincre, Emily Van Camp  finit peu à peu par incarner son rôle.

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Elle est aidée par des co-stars absolument formidables, surtout la grande Madeleine Stowe dans le rôle de l’impitoyable Victoria Grayson. C’est LA garce de soap. Son rôle est une jubilation de chaque instant. Les scénaristes soignent particulièrement ses répliques, d’une perfidie extrême mais toujours prononcées avec le sourire. Ses face-à-face avec Emily, tout en hypocrisie et en non-dits, vous clouent devant votre écran.

Gabriel Mann est l’autre révélation de la série. Son personnage d’acolyte un peu burlesque de la gentille méchante est assez inhabituel pour un soap. Généralement, chacun est un peu là pour sa gueule. Mais le duo qu’il forme avec Emily fonctionne parfaitement, le personnage devient très vite attachant et surtout incarne la caution humoristique indispensable à la série.

Parallèlement, le casting secondaire est un peu décevant. Joshua Bowman (Daniel) et Nick Wechsler (Jack) jouent au concours du beau gosse le plus insipide. Christa B. Allen est tête à claques. Connor Paolo n’est pas du tout crédible dans son rôle de tombeur. Non mais franchement, on dirait qu’il a 12 ans. Et Ashley Madekwe ne sert, comme d’habitude, à rien.

En deux mots : En une saison, Revenge est parvenue à dépoussiérer un genre entier en devenant le produit le plus jouissif de sa catégorie. Un pur guilty pleasure sans (presque) aucun temps mort. La révélation network de l’année.

 

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Published by François - dans TOP SERIES 2011-2012
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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 09:00

Pour la deuxième année consécutive, AudiencesUSA.com vous présente le Classement Série de la Saison 2011 / 2012. Ici, pas d'audience ou de taux sur les 18-49 ans pour dresser le TOP 45 de l'année. Mais un jugement critique, impitoyable et qui ne mettra pas forcément tout le monde d'accord. Les commentaires seront bien évidemment là pour exprimer votre approbation ou votre indignement face au classement proposé.

Cette année, le classement vous a été concocté par François et Tao du site www.Id-Series.com. Un TOP 45 qui sera déroulé jusqu'à début septembre.

On rappelle que ce classement série a pour objectif de proposer 45 critiques de séries diffusées au cours de la saison 2011 / 2012. Des critiques portant sur des séries qui ont marquées ou caractérisées l'année pour diverses raisons. Le TOP 45 est donc un ordonnancement des 45 séries qui seront reviewées pendant ces quelques semaines. Mais attention : si une série ne figure pas dans le classement, ça ne veut pas dire qu'elle est jugée pire que les 45 séries présentes. Bonne lecture !

PLACE 10 : BREAKING BAD (saison 4)

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J’entends d’ici les cris des fans de la série, dénonçant le scandale quant à la position de Breaking Bad. Je précise que cela concerne bien la saison 4 et non la série en elle-même. La saison 4 est sans nul doute la plus faible de la série, tout en restant bien évidemment au-dessus de la plupart des séries proposées à l’heure actuelle sur les chaînes américaines.

Après un cliffangher tonitruant en fin de saison, les premiers épisodes de Breaking Bad ont pour tradition de clore petit à petit le chapitre précédent avant de lancer les nouveaux axes. Cette année, cette transition a été particulièrement appuyée, marquée par quelques errements et maladresses dans le récit qui ont entaché le début de saison.

Le génie de la série s’illustre par le parcours du personnage de Walter White. De prof de chimie looser et dépassé par les événements à la genèse de la série, Walter s’est peu à peu transformé en implacable calculateur, en monstre réfléchi et sans pitié. Cette métamorphose, brillamment amenée, est la résultante de chacune des scènes constituant les quatre saisons de la série. Son basculement en dangereux psychopathe ne s’est pas opéré de façon abrupte, mais est bien la conséquence de tout son vécu. La série a pris le temps pour légitimer ce changement de caractère. On avait probablement pas vu un tel développement depuis celui de Vic McKey dans The Shield où chaque action des précédents épisodes avait des conséquences sur les épisodes suivants, jusqu’à l’incroyable final de la série.

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Mais cette saison marque un tournant particulier dans la psychologie du personnage. Un tournant entamé depuis l’arrivée de Gus. La prestation de Giancarlo Esposito est glaçante, l’acteur parvient à imposer un charisme fou, à dégager un magnétisme crevant l’écran d’un simple regard. Le Walter des dernières saisons, inquiétant et impitoyable manipulateur, est la création de Gus. Les deux personnages sont similaires sur de nombreux points. En voulant éliminer Walter après le meurtre de Gale, Gus va obliger Walter à s’élever à son niveau de maîtrise et de pouvoir. L’élève a dépassé le maître.

On comprend assez vite qu’un tel affrontement ne peut se solder que par la mort de l’un des deux. Mais le chemin pour en arriver là est teinté d’embuches. La guerre froide entre les deux personnages n’est pas toujours exaltante, certaines scènes étant particulièrement contemplatives. Parallèlement, la rechute de Jesse était nécessaire suite au cliffangher mais elle est bien moins prenante que sa précédente descente aux enfers.

En réalité, Breaking Bad est plus qu’une excellente série. Elle a aussi inventé – ou réinventé tout du moins – un véritable style. La série est un western moderne, au style très contemplatif. Cela donne des scènes d’action unique en leur genre car la série joue avant tout sur la tension psychologique plus que sur la pure action. La même scène qui durerait 30 secondes dans 24 peut aller jusqu’à 10 minutes dans Breaking Bad. Le résultat est d’une puissance incroyable puisque ces scènes vous écrasent littéralement de part leur tension insurmontable, ne permettant pas une seconde de respiration, comme un grand huit sans fin.

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Mais le danger résultant de l’invention d’un style de réalisation est d’y avoir recours un peu à tord et à travers. Breaking Bad a parfois tendance à verser dans cet excès en utilisant ce procédé dans des scènes où ce n’est pas nécessaire. Les scènes de délire de Jesse en sont la parfaite illustration.

L’affrontement entre Gus et Walter est donc au centre de la saison 4. Au fur et à mesure de la saison, l’épée de Damoclès ne cesse de se rapprocher de leur tête, créant une ambiance très lourde, très oppressante. En cela, Breaking Bad est une pure expérience télévisuelle d’où leur ressort éreinté. Le terme de « partie d’échec » prend tout son sens tant chacun avance peu à peu ses pions, en attendant la réaction de l’autre. L’étau se resserre inextricablement jusqu’à l’échec et mat final sous la forme d’un season finale monstrueux. Breaking Bad a beau se complaire parfois dans sa lenteur, elle atteint parallèlement de tels niveaux de puissance que, quoi qu’il arrive, la série est définitivement sur la voie de la canonisation suprême.

Mais cette saison, l’évolution de Walter est d’autant plus marquée côté familial. Sa nouvelle relation avec Skyler est très bien orchestrée. Cette dernière est peu à peu passée du rôle d’ex-femme bafouée à celui de partenaire de crime. Sa perception de Walter est très fluctuante, déchirée entre le mépris qu’elle a éprouvé son égard et la fascination qu’il exerce sur elle. La scène où ils remettent le couvert en milieu de saison est en cela très forte, comme si elle couchait avec un inconnu tant il ne ressemble plus en rien à l’homme qu’elle a épousé.

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Le rapport de force entre les deux personnages a ainsi totalement basculé en l’espace de quelques saisons. La confiance gagnée par Walter grâce à son rôle de parrain de la drogue fait tâche d’encre sur sa vie familiale. Il ne craint plus rien, n’a plus peur de rien. L’homme se sent au-dessus de la mêlée, comme si sa famille était devenue trop inintéressante, trop banale pour lui. La mission première de Walter qui était d’amasser de l’argent pour sa famille est clairement passée derrière son égo qui ne cesse de grossir d’épisode en épisode, incarné par une froideur terrifiante.

La façon qu’il a de traiter sa belle-famille est très symptomatique de ce changement. Les scénaristes ont enfin rendu intéressant le personnage de Hank. Vic McKey du pauvre au démarrage, Hank est désormais devenu l’épine dans le pied de Walter. Epine qu’il s’est lui-même plantée puisque l’accident d’Hank est de la faute de Walter. L’image est très forte : si Hank n’avait pas eu cet accident, il ne serait probablement jamais devenu aussi obsessionnel quant à l’enquête autour de Gus et du cartel. Par son égoïsme exacerbé, Walter s’est ainsi lui-même plongé dans cette situation.

Mais ce dernier semble peu s’émouvoir de la situation d’Hank, qu’il n’a de toute façon jamais aimé. Walter est devenu l’homme fort tandis qu’Hank est devenu le faible. Leurs scènes sont d’autant plus puissantes que Hank ne sait pas que l’homme qui a gâché sa vie, l’homme qu’il hait le plus le monde, n’est d’autre que son demi-frère. Le voir en fauteuil roulant est un rappel permanant des dérives de Walter. Je ne serais pas surpris si à un moment ou un autre, Walter assassinait Hank de sang froid, avec un malin plaisir et sans aucune considération pour Marie. Cette dernière a également gagné ses galons durant cette saison.

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Et tout cela pour parvenir, j’en parlais, au season finale. Tout simplement brillant. Magistral. Inattendu. D’une niveau de tension, de pression, à chaque instant, tout simplement insurmontable. Breaking Bad parvient à nous figer pendant 45 minutes devant notre écran, plus qu’aucune autre série. Je n’en dirais pas plus par peur de trop gros spoilers. Seul regret : il semble parfois que la série ait parfois oublié son pitch, à savoir le cancer de Walter. On en vient parfois à se demander s’il en est toujours atteint…

En deux mots : Le début de la saison 4 de Breaking Bad a péché par son manque de punch, se regardant parfois un peu trop le nombril. Mais la série retrouve très vite son niveau, installant une ambiance éprouvante et électrisante qui ne la quittera plus jusqu’au final époustouflant, surement le meilleur épisode de l’année, toutes séries confondues. Breaking Bad est l’une des rares série à allier à la perfection puissance des intrigues et profondeur des personnages. Elément qui fera d’elle, quoi qu’il arrive, l’une des séries les plus marquantes de la décennie.

 

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